On vit une époque où tout va vite. On croise des dizaines, voire des centaines de personnes par jour, et pourtant, on a l’impression de ne « voir » presque personne. On est dans nos écrans, dans nos pensées, dans notre course perpétuelle. Et du coup, le regard qu’on porte sur les autres devient souvent un regard distrait, ou pire, un regard qui juge à la vitesse de l’éclair.

Vous savez, ce réflexe qu’on a tous : on croise quelqu’un et en deux secondes, on a déjà une opinion. « Il a l’air bizarre », « elle a l’air pressée et désagréable », « lui, il doit être content de sa petite vie tranquille ». On construit des histoires sur les gens sans même leur parler.

Mais qu’est-ce qui se passerait si on décidait, juste pour voir, de poser un regard bienveillant sur les gens qu’on croise ? Pas naïf, pas aveugle aux vraies difficultés, mais bienveillant. Ça voudrait dire quoi concrètement ?

Ça voudrait dire, par exemple, se demander : « Qu’est-ce qu’il ou elle traverse peut-être, que je ne vois pas ? » Cette personne agressive à la caisse du supermarché, peut-être qu’elle vient d’apprendre une mauvaise nouvelle. Ce collègue distant, peut-être qu’il se sent seul et n’ose pas le dire. Cette maman qui crie sur son enfant dans la rue, peut-être qu’elle est épuisée, débordée, à bout.

La bienveillance, ce n’est pas excuser tout, ce n’est pas dire que tout comportement est acceptable. C’est juste se rappeler qu’on ne connaît jamais toute l’histoire de quelqu’un en le regardant deux secondes. C’est se donner, à soi-même, la chance de ne pas s’enfermer dans le jugement rapide et fatigant.

Et le plus fou, c’est que quand on commence à regarder les autres comme ça, on se sent nous-mêmes plus légers. Moins dans la colère, moins dans le stress relationnel. Parce que juger épuise, alors que la bienveillance, elle, apaise.

Alors la vraie question, c’est peut-être : est-ce qu’on a vraiment le temps de ne pas essayer ?

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