Il était une fois, dans un village niché entre deux collines, un vieux jardinier nommé Elias. Il avait planté, des années auparavant, deux jeunes arbres côte à côte : un pommier et un rosier grimpant qui s’était accroché, par erreur, contre un vieux mur en ruine.

Le pommier peinait chaque année. Le sol était pauvre, rocailleux, et malgré tous les soins d’Elias, l’arbre ne donnait que quelques fruits chétifs, tordus, souvent piqués par les vers. Le jardinier s’acharnait pourtant, année après année, persuadé que la patience finirait par payer.

Le rosier, lui, grimpait contre ce vieux mur qui, lentement, s’effritait. Chaque hiver, une partie du mur s’écroulait un peu plus, emportant avec elle des branches du rosier. Mais Elias, fidèle à son idée que « qui persévère triomphe toujours », continuait à réparer, à soutenir, à tuteurer, refusant d’admettre que ce mur ne tiendrait plus jamais.

Un jour, sa petite-fille Maya, de passage, s’assit près de lui dans le jardin. — Grand-père, pourquoi tu t’obstines avec ce pommier ? Regarde, là-bas, le sol est tellement meilleur. Et le rosier, le mur est fichu, il va tout écraser un jour.

Elias, songeur, répondit : — Toute ma vie, on m’a dit qu’il fallait tenir bon, ne jamais abandonner.

Maya sourit doucement : — Mais grand-père, persévérer, c’est pas s’accrocher à la même terre stérile. C’est parfois transplanter ailleurs, avec la même énergie, mais un meilleur terrain.

Le vieil homme resta silencieux un long moment. Puis, le lendemain, avec l’aide de Maya, il déterra le pommier et le replanta dans un coin ensoleillé et fertile du jardin. Il détacha aussi le rosier du mur croulant pour lui offrir un treillis tout neuf, solide.

L’année suivante, le pommier donna des fruits éclatants, juteux, généreux. Le rosier grimpa fièrement, couvrant le treillis de fleurs parfumées.

Elias comprit alors que la vraie persévérance, ce n’était pas de s’entêter au même endroit, mais de continuer à croire en la vie, en cherchant, avec courage, le bon terrain pour la faire grandir.

Laisser un commentaire