On nous le répète depuis qu’on est gosse : « n’abandonne jamais », « la persévérance paie toujours », « ceux qui réussissent sont ceux qui n’ont pas lâché ». Et c’est vrai, dans plein de situations. Mais est-ce que c’est vraiment toujours la bonne réponse ?

Parce que dans la vraie vie, on connaît tous quelqu’un qui s’est acharné pendant des années sur un projet, une relation, un job qui le rendait malheureux, juste parce qu’il s’était mis en tête qu’abandonner serait un échec. Et parfois, à force de s’accrocher, on finit par se faire du mal, on s’épuise, on perd un temps précieux, on passe à côté d’autres opportunités qui auraient pu vraiment nous convenir.

La persévérance, c’est une qualité magnifique quand elle est au service d’un objectif qui a du sens, qui nous fait grandir, même si le chemin est difficile. Mais elle devient toxique quand elle se transforme en entêtement aveugle, en refus de voir la réalité en face. Il y a une différence énorme entre tenir bon face à une difficulté normale, et s’obstiner dans une impasse par peur de perdre la face ou par orgueil.

La vraie question, c’est peut-être pas « dois-je persévérer ou pas », mais « est-ce que ce que je poursuis a encore du sens pour moi aujourd’hui ». Parfois lâcher prise, changer de direction, accepter qu’on s’est trompé de route, ça demande beaucoup plus de courage que de continuer bêtement.

Il y a aussi cette pression sociale qui glorifie l’acharnement à tout prix, qui culpabilise ceux qui changent d’avis, qui abandonnent un projet, une relation, une carrière. Mais parfois, savoir dire stop, c’est un acte de lucidité, pas de faiblesse.

Alors non, la persévérance n’est pas toujours la solution. Ce qui compte, c’est de savoir écouter, régulièrement, ce qui se passe vraiment en soi et autour de soi. Se demander honnêtement : est-ce que je continue parce que ça a du sens, ou juste parce que j’ai peur d’admettre que ça n’en a plus ? La sagesse, c’est peut-être ça : savoir quand tenir bon, et savoir quand lâcher.

Laisser un commentaire