On entend souvent ça : « De toute façon, Dieu n’est plus dans nos vies, il a disparu du paysage. » Les églises se vident, les jeunes ne connaissent même plus le Notre Père, et on vit très bien sans lui, merci. Alors, est-ce que Dieu est vraiment le grand absent de notre époque ?

Je pense que la réalité est plus subtile que ça. Dieu n’est pas absent, c’est plutôt qu’on a rempli tout l’espace disponible avec autre chose. On a mis nos écrans, nos notifications, notre course perpétuelle à la place qu’il pourrait occuper. On est tellement occupés, tellement sollicités, qu’on n’a plus vraiment le temps de s’arrêter pour écouter un silence qui pourrait parler.
Et puis il y a cette souffrance dans le monde, ces guerres, ces injustices, qui font dire à beaucoup : « S’il existait vraiment, il ne laisserait pas faire ça. » C’est une question légitime, difficile, à laquelle on n’a pas de réponse toute faite. Mais est-ce que l’absence de réponse signifie l’absence de Dieu ?
Moi je crois plutôt que Dieu s’est fait discret, pas absent. Il ne s’impose jamais, il ne force jamais une porte. Il attend qu’on veuille bien lui ouvrir. Et cette discrétion, on peut la prendre pour de l’absence, alors que c’est peut-être juste du respect pour notre liberté.
Il est là dans le geste d’un bénévole qui donne de son temps sans rien attendre en retour. Il est là dans cette main tendue à un inconnu qui galère. Il est là dans ce moment de silence qu’on s’accorde enfin, en pleine nature, loin du bruit ambiant.
Alors non, je ne crois pas que Dieu soit le grand absent. Je crois plutôt qu’on a un peu oublié comment le chercher, comment faire silence pour le laisser parler. Le problème, ce n’est peut-être pas son absence, c’est notre incapacité à ralentir suffisamment pour le remarquer.

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