Frères et sœurs,
Il y a des nuits où tout semble contre nous. C’est exactement la scène que Matthieu nous décrit : les disciples sont seuls, en pleine mer, la barque est battue par les vagues, le vent est contraire. Et Jésus n’est pas avec eux dans la barque. Ça vous parle, non ? Combien d’entre nous traversent en ce moment des nuits comme celle-là – pas sur un lac, mais dans leur vie. On regarde les informations, on voit les guerres qui continuent, les canicules qui s’enchaînent, l’incertitude économique, les tensions partout dans le monde, et on se dit : où est Dieu dans tout ça ? Est-ce qu’il nous a laissés seuls dans la tempête ?

Et voilà que Jésus vient, marchant sur les eaux. Mais remarquez bien : les disciples ont d’abord peur. Ils croient voir un fantôme. Parfois, quand Dieu se manifeste dans nos vies, on ne le reconnaît même pas, tellement on est habitués à interpréter les événements avec nos peurs plutôt qu’avec la foi. Jésus leur dit alors cette phrase magnifique : « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur. » Ce n’est pas un vague encouragement. C’est une présence qui s’affirme au cœur même du chaos.
Et puis il y a Pierre. Pierre qui ose. Pierre qui descend de la barque et qui marche, lui aussi, sur l’eau. Tant qu’il regarde Jésus, ça marche. Mais dès qu’il regarde le vent, dès qu’il regarde la violence de la tempête autour de lui, il commence à couler. C’est tellement humain, ça. On connaît tous ce moment où on avance avec confiance, et puis on se met à scroller les mauvaises nouvelles, à écouter les discours anxiogènes, à comparer nos vies sur les réseaux sociaux, et on coule. On perd pied. On se noie dans nos propres peurs, amplifiées par un monde qui carbure justement à la peur.
Mais regardez ce que fait Jésus : il ne laisse pas Pierre couler. Il tend immédiatement la main. « Il étendit la main, le saisit. » Voilà l’image essentielle de cet Évangile. Dieu ne nous promet pas une mer toujours calme. Il nous promet sa main tendue au milieu de la tempête.
Alors frères et sœurs, cette semaine, quand vous sentirez le vent contraire – dans votre travail, votre famille, vos soucis de santé ou d’argent, ou simplement en regardant l’état du monde – rappelez-vous cette scène. Ne fixez pas les vagues. Fixez le regard sur Celui qui vient à votre rencontre, même en pleine nuit, même en pleine tempête. Et osez, comme Pierre, descendre de la barque.

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