L’Evangile
« Aimez vos ennemis » (Mt 5, 43-48)

Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu aimeras ton prochain
et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense méritez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d’extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits
comme votre Père céleste est parfait. »
Sa réflexion
L’évangile d’aujourd’hui nous bouscule, parce qu’il va à contre-courant de ce qu’on voit souvent autour de nous. Quand Jésus dit d’aimer ses ennemis, de prier pour ceux qui nous veulent du mal, il ne nous demande pas d’aimer l’injustice ou de faire comme si le mal n’existait pas. Il nous invite à ne pas laisser la haine décider de notre cœur. Dans la vie actuelle, on connaît bien les paroles qui blessent, les conflits en famille, les tensions au travail, les jugements sur les réseaux sociaux, les disputes entre voisins, ou même les rancunes qui durent des années. Très vite, on se protège, on se ferme, on rend coup pour coup. Jésus propose un autre chemin : répondre autrement, sortir du réflexe de vengeance, choisir la paix quand c’est possible, et garder un cœur libre. Aimer ses ennemis, ce n’est pas dire que tout est bien. C’est décider que le mal de l’autre ne va pas me transformer en quelqu’un de dur. C’est aussi accepter que Dieu fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, donc que sa bonté dépasse nos frontières humaines. Dans un monde où l’on classe vite les gens en “pour” et “contre”, Jésus nous apprend à voir plus loin. Peut-être que l’ennemi d’aujourd’hui est une personne blessée, enfermée dans sa peur, ou simplement incapable de faire autrement. Alors aimer devient un acte courageux : prier, pardonner, ne pas humilier, ne pas entretenir la haine, et parfois poser des limites sans devenir violent. Cet évangile nous rappelle enfin que la vraie grandeur n’est pas de dominer, mais de ressembler au Père, qui aime sans mesure. Et si l’amour devenait notre manière de réagir, même quand c’est difficile, alors nos relations changeraient en profondeur et notre monde respirerait un peu plus largement.

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