L’Evangile

« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Mc 12, 18-27)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur.
Celui qui croit en moi ne mourra jamais.
Alléluia. (cf. Jn 11, 25a-26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    des sadducéens
– ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection –
vinrent trouver Jésus.
Ils l’interrogeaient :
    « Maître, Moïse nous a prescrit :
Si un homme a un frère qui meurt
en laissant une femme, mais aucun enfant,
il doit épouser la veuve
pour susciter une descendance à son frère.

    Il y avait sept frères ;
le premier se maria,
et mourut sans laisser de descendance.
    Le deuxième épousa la veuve,
et mourut sans laisser de descendance.
Le troisième pareillement.
    Et aucun des sept ne laissa de descendance.
Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi.
    À la résurrection, quand ils ressusciteront,
duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse,
puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
    Jésus leur dit :
« N’êtes-vous pas en train de vous égarer,
en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ?
    Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts,
on ne prend ni femme ni mari,
mais on est comme les anges dans les cieux.
    Et sur le fait que les morts ressuscitent,
n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse,
au récit du buisson ardent,
comment Dieu lui a dit :
Moi, je suis le Dieu d’Abraham,
le Dieu d’Isaac,
le Dieu de Jacob ?

    Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.
Vous vous égarez complètement. »

Sa réflexion

Parfois, je me surprends à penser que les questions qui habitaient les pharisiens et les sadducéens, il y a deux mille ans, ne sont pas si loin de nos journées d’aujourd’hui. Dans ce passage, on leur voit revenir avec une question brûlante: « Il y a-t-il la résurrection ? » Mais ce n’est pas seulement une question théologique. C’est une question qui nous touche, chacun, quand on regarde le quotidien qui s’accumule — les factures qui tombent, les relations qui se filent, les projets qui prennent du retard. Jésus répond en les plaçant devant une réalité plus vaste: Dieu n’est pas prisonnier d’un système de lois qui s’appliquent uniquement à des morts. Il se révèle comme le Dieu des vivants, pas des morts. Et là, on comprend que la vie ne s’arrête pas à nos calculs, à nos peurs, à nos petites mortifications quotidiennes. La résurrection, ce n’est pas une promesse abstraite; c’est une parole qui redéfinit notre présent: Dieu agit ici et maintenant, dans nos liens qui se réveillent après une rupture, dans nos projets qui renaissent après un échec, dans nos gestes simples qui donnent vie à autrui. Alors, face à nos inquiétudes, on peut choisir de mettre une part de confiance dans cette dynamique divine. Cela ne veut pas dire que tout devient facile, mais que la vie est plus vaste que nos murs. Et peut-être que la vraie question n’est pas « qui ressuscite » mais « comment vivre désormais dans la fidélité à cette vie qui traverse même nos nuits ». C’est une invitation à regarder autrement nos difficultés, à les traverser avec une énergie qui ne s’éteint pas, parce que Dieu est vivant.

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