Pour se préparer à vivre le 12e dimanche du temps ordinaire A, avec l’Évangile de Mt 10, 26-33, il faut d’abord entendre le centre du message de Jésus : « Soyez sans crainte ». Dans un monde où l’on vit souvent sous pression, avec les inquiétudes du travail, les tensions familiales, les informations qui fatiguent, les peurs de l’avenir ou du regard des autres, cette parole tombe juste. Jésus ne dit pas que la vie sera facile, mais il invite à ne pas laisser la peur commander le cœur. Il rappelle aussi que rien n’est caché pour toujours, que la vérité finit par se lever, et que la vie du disciple ne peut pas rester enfermée dans le silence ou le calcul.

Se préparer à ce dimanche, c’est donc accepter de regarder sa propre vie en vérité. Est-ce que, dans ce que je vis aujourd’hui, je suis en train de me taire par peur ? Peur d’être jugé, peur de déranger, peur de ne pas être compris, peur de perdre une place, une image, une sécurité ? L’Évangile propose un autre chemin : celui d’une confiance plus forte que l’angoisse. Jésus va jusqu’à dire que nous valons plus que beaucoup de moineaux et que même nos cheveux sont comptés, signe d’une attention de Dieu qui n’oublie personne. Dans le langage de la vie courante, cela veut dire qu’aucune existence n’est insignifiante aux yeux du Père, même quand elle paraît fragile, fatiguée ou mise à l’écart.

Ce texte nous prépare aussi à une foi qui ne se contente pas d’être intérieure. Jésus dit : « Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ». Autrement dit, la foi ne sert pas seulement à rassurer l’âme ; elle doit aussi éclairer les actes, les choix, les paroles, la manière de traiter les autres. Dans notre actualité, cela peut vouloir dire avoir le courage de parler vrai, de refuser le mensonge, la violence, le mépris, l’indifférence. Cela veut dire aussi garder une parole simple et juste dans un monde où tout peut vite devenir agressif ou polarisé. Le disciple n’est pas appelé à faire du bruit, mais à témoigner avec paix, cohérence et liberté.

Se préparer à ce dimanche, c’est enfin choisir la confiance plutôt que la peur paralysante. L’Évangile ne pousse pas à l’imprudence, mais à une fidélité calme et libre : ne pas renier le Christ, ne pas renier non plus ce que l’on sait juste et bon, même quand cela coûte un peu. Dans la vie actuelle, cela peut prendre des formes très concrètes : rester honnête quand la facilité pousse à tricher, rester fraternel quand l’ambiance pousse à exclure, rester croyant quand la foi est moquée, rester debout quand tout invite à baisser les bras. Ainsi, ce dimanche devient une invitation à remettre sa vie sous le regard du Père, à relire ses peurs, et à demander la grâce d’une foi plus solide, plus paisible et plus vraie.

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