Dans un petit village, vivait une vieille femme qui avait un panier de graines de haricots. Chaque matin, elle en donnait une poignée à ceux qui passaient : une voisine fatiguée, un enfant qui avait faim, un homme pressé, une femme triste. Les gens lui disaient souvent qu’elle était bien généreuse, mais qu’elle finirait par ne plus rien avoir.

Elle souriait et répondait simplement qu’une graine donnée ne disparaît jamais vraiment.
Un jour, une grande sécheresse toucha le village. Les jardins se desséchèrent, les réserves diminuèrent, et les visages devinrent inquiets. La vieille femme, elle, n’avait presque plus rien. Son panier était presque vide. Alors les habitants vinrent la voir, croyant trouver chez elle un peu de secours. À leur surprise, chacun apportait quelque chose : une soupe, un peu de farine, des fruits, de l’eau, des légumes, du pain.
Ils avaient oublié que tous avaient reçu un jour, un matin, une poignée de graines, un mot gentil, un sourire, un peu d’aide. Ce qu’elle avait donné dans la simplicité avait semé bien plus que des haricots. Cela avait semé de l’attention, de la mémoire et de la solidarité.
Grâce à cela, le village traversa l’épreuve ensemble. Et la vieille femme dit seulement : « Vous voyez, quand on donne, on ne perd pas. On sème. Et un jour, la vie revient autrement. »

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