Le conte du jour.

Il était une fois un village où les rumeurs et les peurs tissaient des murs entre les maisons. Chaque soir, les gens s’arrêtaient à leur porte en scrutant l’horizon, comme s’ils attendaient que quelqu’un vienne les sauver de leurs propres ombres. Un jour, un vieil homme arriva, portant une simple planche et deux mains ouvertes, sans prétention ni promesse. Il dit: « Je ne vous apporte pas d’épée, seulement un pont. » Intrigués, les habitants se dirent qu’un pont ne suffirait peut-être pas, mais ils suivirent quand même l’homme. Il posa la planche sur le ruisseau, et chacun y mit une pierre: une parole blessante, une rancune, une peur, une jalousie. Peu à peu, le pont prenait forme et les habitants, surpris, s’aventurèrent les uns vers les autres. À mesure que des mains se liaient pour apporter des boissons, des repas, des mots d’encouragement, le pont devint plus solide que les murs qu’ils avaient eux-mêmes construits. Des enfants riaient en traversant, des voisins échangeaient des histoires et des regards, et même les plus farouches commencèrent à croire que quelque chose de plus grand que leur rancœur pouvait traverser le village. Le vieil homme disparut un soir sans bruit, laissant derrière lui une plaque gravée: « Ici, la paix n’est pas donnée; elle se tisse quand chacun prête sa main et accepte de traverser ensemble ». Depuis, chaque fois que les habitants prennent le pont des mains ouvertes, le village se rappelle que la paix grandit non pas de l’attente d’un sauveur, mais d’un acte partagé.

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