
Le conte du jour.
Il était une fois un village où chacun portait une voix différente: certains avaient le souffle court, d’autres laissaient leurs mots se perdre dans le bruit. Un jour, une jeune fille nommée Lila trouva un vieux pont suspendu au bord de la forêt. Le pont ne tenait que si les gens se tenaient par la main et s’écoutaient sans parler. Alors elle invita les villageois à traverser un par un. Chaque personne déposait sur la rambarde un souffle: une peur, un rêve, une mémoire. Lorsqu’ils arrivaient de l’autre côté, ils trouvaient un petit miroir qui leur rendait leur propre souffle en lumière. Ceux qui avaient pris le temps d’écouter les autres voyaient les souffles se mêler et former un chemin lumineux qui les reliait les uns aux autres. Petit à petit, le village devint un pont vivant: les cris devenaient chants, les peurs devenaient châle pour réchauffer le dos de celui qui tremblait, les rêves devenaient des projets collectifs. Lila comprit que porter du fruit pour soi et pour les autres, c’était comme entretenir ce pont: cela demandait vigilance, patience, et une attention constante à ne pas laisser le souffle s’éteindre. Le pont resta, et les gens apprirent que prendre soin de soi, sans être égoïste, les rendait capables de porter le monde plus loin, ensemble.

Laisser un commentaire