L’Evangile

« Je vous donne ma paix » (Jn 14, 27-31a)

Alléluia. Alléluia.
Le Christ devait souffrir
et ressusciter d’entre les morts
pour entrer dans la gloire.
Alléluia. (cf. Lc 24, 4b.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je vous laisse la paix,
je vous donne ma paix ;
ce n’est pas à la manière du monde
que je vous la donne.
Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit :
Je m’en vais,
et je reviens vers vous.
Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie
puisque je pars vers le Père,
car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant,
avant qu’elles n’arrivent ;
ainsi, lorsqu’elles arriveront,
vous croirez.
Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous,
car il vient, le prince du monde.
Certes, sur moi il n’a aucune prise,
mais il faut que le monde sache
que j’aime le Père,
et que je fais comme le Père me l’a commandé. »

Sa réflexion

Dans ce passage, Jésus dit: « La paix vous laisse, ma paix je vous donne », et il remarque que le monde ne donne pas comme lui donne. J’entends ça comme une invitation à réévaluer ce que j’appelle « paix ». Dans notre quotidien trépidant, entre les notifications, les urgences, les fake news et les petites guerres quotidiennes: disputes familiales, malaise au travail, pression sociale pour être parfait, il suffit d’un rien pour que la paix apparente vole en éclats. Et puis, il y a ce sourire fragile des gens autour de nous, ce calme après une tempête qui n’est pas le silence extérieur mais une réconciliation intérieure. La paix de Jésus n’est pas une absence de conflit; elle est une présence qui tient, un souffle qui rappelle que nous ne sommes pas seuls dans l’épreuve. Quand Jésus parle de ne pas s’alarmer et de ne pas avoir peur, il s’adresse aussi à moi, à mes angoisses: j’ai beau vouloir tout contrôler, tout anticiper, la vie me rappelle que le contrôle absolu n’existe pas. Cette paix-là, elle se voit dans les gestes simples: prendre le temps d’écouter plutôt que de répliquer, accepter l’erreur sans se détruire, laisser un pas en arrière pour laisser l’autre respirer. Dans le monde actuel, la paix montre son visage quand on choisit la douceur plutôt que la domination, la compassion plutôt que la suspicion. C’est une paix qui grandit dans les petites vertus quotidiennes: dire merci sans attendre, pardonner sans conditions, se reconstruire après une épreuve sans s’enfermer dans le défaitisme. Jésus promet cette paix qui traverse les tempêtes, qui ne dépend pas des conditions extérieures mais de la confiance qui fait tenir le cœur. C’est peut-être cela, la vraie modernité de la foi: une paix qui résiste, qui relie, qui rend capable d’espérer et d’agir, même lorsque tout autour claque comme une tempête numérique et sociale.

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