
On parle beaucoup du pouvoir comme s’il était loin des gens simples, comme si c’était réservé aux chefs, aux politiciens ou aux grands de ce monde. Et puis, parfois, on se regarde dans le miroir et on se rend compte que le vrai pouvoir, il est aussi en nous: ce qu’on décide de faire quand personne ne regarde, la façon dont on réagit quand on voit une opportunité de dominer, de briller, ou au contraire de se mettre au service.
Dans ce que dit Jésus sur les chefs qui veulent être les premiers, on entend une autre voix: ce n’est pas le pouvoir comme capacité de prendre des décisions qui compte en premier lieu, mais le pouvoir comme capacité de servir. Servir, ce n’est pas une contrainte morale, c’est une énergie qui transforme ce qui pourrait paraître comme du contrôle en vrai accompagnement des autres. Le pouvoir qui écrase, qui cherche la reconnaissance et les honneurs, devient vite un masque qui éloigne du cœur des gens.
Alors, qu’est-ce qui nous guide quand on se retrouve face à des choix qui impliquent l’autorité? Deux repères, simples et pratiques:
- L’orientation vers les autres, pas vers soi: est-ce que mes actions cherchent surtout à obtenir du crédit ou à faciliter le bien commun? Est-ce que je suis prêt(e) à mettre mes besoins de côté pour aider, écouter et soutenir?
- L’humilité comme posture, pas comme absence de volonté: être humble, ce n’est pas se diminuer ou se croire insignifiant. C’est accepter que je ne suis pas le centre du monde et que ma valeur ne dépend pas des étiquettes, des postes ou des récompenses, mais de ce que je donne et de la façon dont je respecte chacun.
Ce langage de service peut sembler naïf dans un monde qui valorise les titres et les réussites. Pourtant, il porte une fidélité qui se vérifie au quotidien: dans une équipe, dans une famille, dans une communauté paroissiale. Le vrai pouvoir qui éclaire, c’est celui qui rend les autres libres, qui ouvre des horizons, qui permet à chacun de grandir sans être écrasé.
Et si on prenait un instant pour se demander:
- Quand j’ai du pouvoir sur quelqu’un ou quelque chose, est-ce que je le manie avec douceur et justice, ou est-ce que je cherche surtout mon avantage?
- Comment j’accueil les critiques et les limites qui viennent avec l’autorité? Est-ce que je suis prêt(e) à changer de cap si nécessaire?
- En quoi mes gestes, mes paroles, mes décisions, reflètent-ils le service avant tout?
Penser le pouvoir comme service, c’est aussi réapprendre à écouter. Écouter avant de décider, écouter avant de parler, écouter même ceux qui ne veulent pas “rendre compte”. Car c’est souvent dans l’écoute que l’on découvre ce qui est vraiment nécessaire et juste.
Le pouvoir n’est pas un trône à occuper, c’est une charge à porter pour le bien commun. Quand on l’embrasse comme service, on devient plus humain, plus proche les uns des autres, et peut-être, un peu plus fidèle à ce que nous sommes appelés à être: des témoins qui servent, plutôt que des maîtres qui exigent.

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