Jésus lui-même le constate à Nazareth : « Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, sa famille et sa maison. » Pourquoi donc est-il si difficile d’être reconnu par les siens ?

D’abord, parce que la proximité crée de la familiarité, et la familiarité enferme. Les gens de Nazareth connaissent Jésus depuis l’enfance : « N’est-ce pas le fils du charpentier ? » Ils croient savoir qui il est. Du coup, ils ne l’écoutent plus vraiment. On ne s’attend pas à ce que celui qu’on a vu grandir nous apporte une parole de Dieu.
Ensuite, le prophète dérange. Il dit des choses qu’on n’a pas envie d’entendre : il bouscule nos habitudes, nos sécurités, nos compromis. Il est plus facile de rejeter le messager que de se remettre en question. Ceux qui nous aiment ou nous côtoient sont souvent les premiers touchés par ses appels à changer.
Il y a aussi la jalousie et le préjugé. On a du mal à admettre qu’un proche puisse être plus sage ou plus inspiré que nous. L’ordinaire nous masque l’extraordinaire.
Enfin, Dieu choisit souvent les petits, les discrets, ceux qu’on n’attend pas. Cela déroute nos critères de réussite et de prestige.
Cela nous concerne : quand un enfant, un collègue, un voisin ou un paroissien nous dit une parole juste, savons-nous l’accueillir ? Et si nous sommes nous-mêmes incompris par les nôtres, souvenons-nous que Jésus a connu la même épreuve. Le prophète ne cherche pas l’applaudissement, il reste fidèle, et la vérité finit toujours par porter du fruit.

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