Il était une fois, dans le village de Valmont, un petit garçon nommé Tobie qui jouait du tambour. Mais chaque fois qu’il battait son rythme sur la place, les villageois haussaient les épaules : « Oh, ce n’est que Tobie, il fait du bruit comme d’habitude. »

Un jour, fatigué de n’être pas entendu, Tobie quitta le village avec son tambour. Il marcha longtemps, jusqu’à une grande ville où les gens se pressaient sur les marchés. Il s’assit et se mit à jouer. À sa grande surprise, un cercle se forma autour de lui. On applaudit, on sourit, on lui donna du pain et des fruits. « Quel talent ! » disait-on.
Tobie resta quelques mois, heureux d’être admiré. Mais un soir, il se sentit seul : ces gens l’aimaient pour son rythme, pas pour lui. Il pensa alors à sa mère, à ses voisins, au vieux boulanger qui lui glissait toujours un petit pain.
Il revint à Valmont, son tambour sous le bras. Cette nuit-là, une terrible tempête éclata, et le brouillard avala le village. Les bergers, perdus dans la montagne, ne retrouvaient plus leur chemin. Tobie, sans réfléchir, monta sur la colline et battit son tambour de toutes ses forces, toute la nuit.
Au matin, les bergers étaient sauvés : ils avaient suivi le son. Les villageois, émus, entourèrent Tobie. « Nous t’avions entendu mille fois sans t’écouter », avoua le boulanger.
Depuis ce jour, à Valmont, quand le tambour résonne, chacun s’arrête, sourit et tend l’oreille. Car on avait compris qu’il faut parfois un orage pour apprécier ceux qui sont tout près de nous.

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