On entend parfois dire “aimer Dieu”, et chacun pense à sa manière : prier, aller à la messe, lire, prendre du temps. Et c’est bien. Mais l’évangile me fait comprendre un truc très fort : aimer Dieu sans aimer l’autre, c’est impossible, ou alors c’est un amour qui n’a pas de corps, un amour qui reste théorique. Dans la vraie vie, l’amour se prouve, il se voit, il se ressent. Sinon, ça ressemble plus à une idée qu’à une force.

Là, je pense aux moments où on “a” de bonnes intentions, mais où on laisse la colère prendre toute la place. On peut se dire “c’est pas méchant”, “c’est juste une réaction”, “de toute façon l’autre exagère”. Et pourtant, à chaque fois qu’on rabaisse, qu’on méprise, qu’on humilie même un peu, on casse quelque chose. On ne construit pas. On n’aime pas vraiment.
Aimer l’autre, ça commence souvent petit : demander pardon quand c’est nécessaire, écouter sans préparer sa réponse, faire un effort pour comprendre au lieu de condamner. Ça peut aussi être rester fidèle quand c’est compliqué, aider sans compter, et ne pas oublier que l’autre a une histoire, une fatigue, des blessures qu’on ne voit pas.
Et si j’essaie de le dire simplement : quand je rapproche mon cœur de Dieu, je deviens plus capable d’aimer. Pas parce que je suis “gentil” de nature, mais parce que je reçois une force. Une force pour changer mon langage, pour tenir bon dans les relations, pour ne pas laisser la peur diriger. L’amour, c’est une décision, mais c’est aussi une transformation.
Alors oui, aimer l’autre, ce n’est pas optionnel. Sinon, ça veut dire que je cherche quelque chose qui ne touche pas la vie. Et Jésus, lui, veut toucher la vie. Il veut que mon amour devienne concret, quotidien, parfois difficile… mais vrai.

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