L’Evangile
Alléluia. Alléluia.
Si nous nous aimons les uns les autres,
Dieu demeure en nous,
et, en nous son amour atteint la perfection.
Alléluia. (1 Jn 4, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
Jésus déclarait à ses disciples :
« Je vous le dis, à vous qui m’écoutez :
Aimez vos ennemis,
faites du bien à ceux qui vous haïssent.
Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent,
priez pour ceux qui vous calomnient.
À celui qui te frappe sur une joue,
présente l’autre joue.
À celui qui te prend ton manteau,
ne refuse pas ta tunique.
Donne à quiconque te demande,
et à qui prend ton bien, ne le réclame pas.
Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous,
faites-le aussi pour eux.
Si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle reconnaissance méritez-vous ?
Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
Si vous faites du bien à ceux qui vous en font,
quelle reconnaissance méritez-vous ?
Même les pécheurs en font autant.
Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour,
quelle reconnaissance méritez-vous ?
Même les pécheurs prêtent aux pécheurs
pour qu’on leur rende l’équivalent.
Au contraire, aimez vos ennemis,
faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour.
Alors votre récompense sera grande,
et vous serez les fils du Très-Haut,
car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants.
Soyez miséricordieux
comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ;
ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés.
Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et on vous donnera :
c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante,
qui sera versée dans le pan de votre vêtement ;
car la mesure dont vous vous servez pour les autres
servira de mesure aussi pour vous. »
Sa réflexion
On vit dans un monde où tout se mesure. On te rend service, tu dois rendre la pareille. On t’aime, tu dois aimer en retour, sinon ça grince. Même dans les relations les plus proches, on garde souvent une petite comptabilité invisible : qui a fait le plus d’efforts, qui a le plus donné. Et voilà que Jésus, dans cet évangile, vient tout retourner. Il ne dit pas « aimez ceux qui vous aiment », ça, franchement, c’est à la portée de n’importe qui. Il dit : aimez vos ennemis. Faites du bien à ceux qui vous détestent. Priez pour ceux qui vous font du mal.
Sur le coup, ça peut paraître complètement décalé, presque irréaliste. On a tous en tête quelqu’un qui nous a blessé, un collègue toxique, un membre de la famille avec qui le courant ne passe plus, une personne qui nous a trahi. Et Jésus nous demande d’aller vers cette personne-là avec bienveillance ? Ça semble énorme.
Mais en fait, quand on y réfléchit, c’est une invitation à sortir d’un cercle vicieux. Parce que répondre à la haine par la haine, ça ne fait qu’alimenter le feu. Ça nous ronge de l’intérieur, ça nous enferme dans la rancune. Alors que pardonner, tendre la main, ne pas juger, ne pas condamner, ça libère. Pas seulement l’autre, mais nous-mêmes.
Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux où tout le monde s’insulte facilement, où le jugement est instantané, cette parole de Jésus est peut-être plus actuelle que jamais. Elle nous invite à une autre logique : celle de la gratuité, du don sans attendre de retour. « Donnez, et l’on vous donnera. » Pas parce qu’on calcule, mais parce qu’on choisit d’aimer comme Dieu aime, sans condition.

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