L’Evangile
Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
Un jour de sabbat,
Jésus était entré dans la synagogue et enseignait.
Il y avait là un homme dont la main droite était desséchée.
Les scribes et les pharisiens observaient Jésus
pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat ;
ils auraient ainsi un motif pour l’accuser.
Mais lui connaissait leurs raisonnements,
et il dit à l’homme qui avait la main desséchée :
« Lève-toi, et tiens-toi debout, là au milieu. »
L’homme se dressa et se tint debout.
Jésus leur dit :
« Je vous le demande :
Est-il permis, le jour du sabbat,
de faire le bien ou de faire le mal ?
de sauver une vie ou de la perdre ? »
Alors, promenant son regard sur eux tous,
il dit à l’homme :
« Étends la main. »
Il le fit, et sa main redevint normale.
Quant à eux, ils furent remplis de fureur
et ils discutaient entre eux
sur ce qu’ils feraient à Jésus.
Sa réflexion
Franchement, ce passage me parle beaucoup. Jésus est dans la synagogue, un jour de sabbat, et il y a là un homme avec une main paralysée. Les pharisiens l’observent, ils guettent, ils espèrent le prendre en faute. Et Jésus, lui, il pose une question qui claque : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une vie ou de la perdre ? »
On vit dans un monde où on adore les règlements. Au boulot, dans l’administration, dans nos familles même, on a tellement de codes, de procédures, de « ça ne se fait pas ». Et parfois, on en oublie carrément la personne qui est devant nous. Combien de fois on a vu quelqu’un galérer, avoir besoin d’aide, mais on se dit « non, ce n’est pas le moment », « c’est pas mon rôle », « il y a une procédure pour ça » ? On se cache derrière le règlement pour ne pas s’engager, pour ne pas se mouiller.
Jésus, lui, ne fonctionne pas comme ça. Il regarde l’homme, il voit sa souffrance, et il agit. Tant pis pour le protocole. La loi existe pour servir l’humain, pas l’inverse. C’est un vrai coup de règle sur les doigts pour tous ceux qui préfèrent le confort de la règle à l’inconfort de la compassion.
Et nous, aujourd’hui ? On a nos propres sabbats, nos propres rigidités. Le collègue en burn-out qu’on n’ose pas déranger parce que « c’est pas notre service ». Le sans-abri qu’on évite parce qu’ »on ne sait jamais ». La personne âgée isolée qu’on n’appelle pas parce qu’ »on n’a pas le temps ». Ce texte nous bouscule gentiment : et si, aujourd’hui, on osait tendre la main ? Littéralement.

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