Il y a une phrase de Jésus qui devrait être placardée partout, dans tous les bureaux, toutes les administrations, toutes les familles : le sabbat est fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat. Autrement dit, la règle est faite pour servir la personne, jamais l’inverse.

Dans l’évangile, on voit cet homme à la main paralysée. Les pharisiens ne le regardent même pas vraiment, lui. Ils voient une occasion, un piège potentiel, une question de règlement. Jésus, lui, voit un homme qui souffre. Et il choisit l’homme.

On connaît tous ça dans notre vie de tous les jours. Ces moments où on applique une règle bêtement, sans réfléchir, en oubliant complètement pourquoi elle existe. On a tous croisé ce genre de situation absurde : un service qui refuse d’aider quelqu’un parce que « ce n’est pas dans le formulaire », une administration qui bloque un dossier urgent pour une virgule mal placée, un règlement scolaire appliqué à la lettre alors qu’un enfant est en détresse. La règle, censée protéger, finit par écraser.

Jésus nous rappelle une vérité toute simple mais qu’on oublie sans cesse : les lois, les traditions, les habitudes, tout ça doit être au service de la vie, jamais l’inverse. Si une règle empêche de faire du bien, alors il faut avoir le courage de la questionner, voire de la transgresser avec intelligence et amour.

Ça ne veut pas dire qu’il faut vivre sans aucune règle, attention. Mais ça veut dire qu’il faut toujours se demander : est-ce que cette règle sert encore l’humain, ou est-ce qu’elle est devenue une fin en soi ?

Aujourd’hui, dans nos vies hyper cadrées, hyper administratives, où tout doit rentrer dans une case, ce message est peut-être plus actuel que jamais. Avant d’appliquer une procédure bêtement, regardons d’abord la personne en face de nous. Sa souffrance, son besoin, sa dignité. C’est ça, l’esprit de l’évangile : remettre l’humain au centre, toujours, même le jour du sabbat.

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