L’Evangile

Alléluia. Alléluia.
« Venez à ma suite, dit le Seigneur,
et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Alléluia. (Mt 4, 19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là,
    la foule se pressait autour de Jésus
pour écouter la parole de Dieu,
tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
    Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ;
les pêcheurs en étaient descendus
et lavaient leurs filets.
    Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon,
et lui demanda de s’écarter un peu du rivage.
Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
    Quand il eut fini de parler,
il dit à Simon :
« Avance au large,
et jetez vos filets pour la pêche. »
    Simon lui répondit :
« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ;
mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
    Et l’ayant fait,
ils capturèrent une telle quantité de poissons
que leurs filets allaient se déchirer.
    Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque
de venir les aider.
Ceux-ci vinrent,
et ils remplirent les deux barques,
à tel point qu’elles enfonçaient.
    à cette vue,
Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant :
« Éloigne-toi de moi, Seigneur,
car je suis un homme pécheur. »
    En effet, un grand effroi l’avait saisi,
lui et tous ceux qui étaient avec lui,
devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
    et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon.
Jésus dit à Simon :
« Sois sans crainte,
désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
    Alors ils ramenèrent les barques au rivage
et, laissant tout, ils le suivirent.

Sa réflexion

Dans l’évangile du jeudi de la 22ème semaine A, on retrouve Jésus au bord du lac, et il y a cette foule qui se presse, qui écoute, qui cherche quelque chose qui donne du sens. Et là, le détail qui m’accroche, c’est ce moment où Jésus monte dans la barque de Simon. Ce n’est pas “par hasard”. Simon est là, il travaille, il a ses habitudes, ses habitudes de pêche, ses façons de faire. Mais Jésus arrive et il s’invite. Ensuite, Jésus lui demande d’avancer un peu plus loin, de jeter les filets. Et Simon, honnêtement, il sait ce que c’est que de ne rien prendre. Il a peut-être déjà essayé avant, il est fatigué, il n’y croit pas trop… et pourtant il obéit. Le résultat est énorme : les filets se remplissent à en devenir presque impossibles à tirer. Là, ça provoque quelque chose de très humain : Simon est saisi. Il se rend compte qu’il se passe plus grand que lui. Il ne s’agit plus seulement de pêche, ni de travail, ni de technique. Il comprend qu’il est face à une présence qui dépasse tout.

Et c’est là que tout bascule : il se met à genoux, il reconnaît sa limite, et il demande aussi à Jésus de s’éloigner, comme si sa vie ne suffisait pas. Mais Jésus, lui, ne coupe pas : il transforme. Il lui dit en clair “dès maintenant, tu ne pêches plus seulement des poissons : tu annonceras”.

Dans notre vie actuelle, c’est pareil : on peut avoir nos projets, nos repères, nos “barques” à nous. Mais quand Dieu appelle, même doucement, ça dérange. Ça oblige à faire de la place. Et parfois, la bonne nouvelle ne commence pas par de grands discours, mais par un “oui” simple, même quand on ne comprend pas encore.

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