Je me pose une question qui revient souvent dans nos vies : est-ce que “tout laisser” veut dire qu’on doit tout abandonner, tout casser, tout quitter, pour être fidèle à Dieu ? Dans la vie réelle, ça ne marche pas toujours comme dans les histoires. Mais je crois qu’il faut comprendre autrement.

Quand Jésus appelle Simon, ce n’est pas juste un ordre pour changer de métier. C’est une rencontre qui transforme l’âme. Simon connaît le travail, il connaît les filets, il connaît les efforts. Et pourtant, quand Jésus parle, quand Jésus agit, quelque chose prend une autre dimension. Il ne s’agit pas seulement de “perdre” : il s’agit de “recevoir” autrement. On peut lâcher sans s’effondrer. On peut renoncer à une chose pour gagner une direction.
Aujourd’hui, “tout laisser” peut prendre des formes très concrètes. Ce n’est pas forcément quitter son travail ou sa famille. Parfois, c’est laisser la dureté en nous : la colère qui revient, la rancune qui s’installe, le réflexe de juger. Parfois, c’est laisser l’orgueil : ce besoin d’avoir toujours raison, ce besoin de paraître. Parfois, c’est laisser la peur : la peur de ne pas être à la hauteur, la peur de déranger, la peur de faire le premier pas.
Et puis, il y a aussi la question : annoncer la bonne nouvelle, ça ressemble à quoi ? Pour moi, ça commence par accepter d’être touché. Quand tu as compris que tu es aimé malgré tes limites, tu ne peux plus rester comme avant. Tu deviens plus disponible. Tu sors de ton petit monde pour porter du bien autour de toi.
Donc est-ce l’exigence de Dieu ? Oui, peut-être. Mais pas comme une punition. Plutôt comme une libération. Dieu ne demande pas de te vider : il te demande de te rendre. Il ne veut pas que tu sois vide de tout, il veut que tu sois rempli de lui, et que ça se voie dans ta façon de vivre. Et si tu lâches un filet de sécurité pour suivre Jésus, tu découvres que d’autres filets, plus profonds, peuvent se remplir.

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