L’Evanile
Alléluia. Alléluia.
L’Esprit du Seigneur est sur moi ;
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Alléluia. (Lc 4, 18ac)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé.
Selon son habitude,
il entra dans la synagogue le jour du sabbat,
et il se leva pour faire la lecture.
On lui remit le livre du prophète Isaïe.
Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L’Esprit du Seigneur est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération,
et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue,
remettre en liberté les opprimés,
annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit.
Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire :
« Aujourd’hui s’accomplit
ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre »
Tous lui rendaient témoignage
et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.
Ils se disaient :
« N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit :
« Sûrement vous allez me citer le dicton :
“Médecin, guéris-toi toi-même”,
et me dire :
“Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm :
fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” »
Puis il ajouta :
« Amen, je vous le dis :
aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
En vérité, je vous le dis :
Au temps du prophète Élie,
lorsque pendant trois ans et demi
le ciel retint la pluie,
et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre,
il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles,
mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon,
chez une veuve étrangère.
Au temps du prophète Élisée,
il y avait beaucoup de lépreux en Israël ;
et aucun d’eux n’a été purifié,
mais bien Naaman le Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue,
tous devinrent furieux.
Ils se levèrent,
poussèrent Jésus hors de la ville,
et le menèrent jusqu’à un escarpement
de la colline où leur ville est construite,
pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux,
allait son chemin.
Sa réflexion
Vous savez, cet évangile me parle vraiment beaucoup. Jésus rentre chez lui, dans sa ville, à Nazareth, là où tout le monde l’a vu grandir. Il ouvre le livre d’Isaïe et il annonce qu’il vient porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, libérer les prisonniers, redonner la vue aux aveugles. Et là, ça part super bien, tout le monde est content, on dit « c’est le fils de Joseph, on le connaît bien ». Mais dès qu’il commence à dire des vérités qui dérangent, à rappeler que Dieu s’occupe aussi des étrangers, des gens de l’extérieur, ça tourne mal. On veut carrément le jeter du haut de la falaise.
Franchement, ça me fait penser à notre époque. Combien de fois on aime bien les belles paroles, les discours qui nous rassurent, mais dès qu’on nous bouscule un peu dans nos certitudes, on rejette ? On voit ça partout : dans les familles, au travail, sur les réseaux sociaux. On accepte les idées tant qu’elles ne nous demandent rien de changer. Mais dès que quelqu’un nous dit « et si on regardait vers ceux qu’on exclut d’habitude », là ça coince.
Ce texte nous bouscule sur notre rapport à l’étranger, au différent, à celui qui n’est pas « des nôtres ». Jésus n’a pas été reçu chez les siens parce qu’il élargissait l’amour de Dieu au-delà des frontières habituelles. Et nous, aujourd’hui, avec les débats sur les migrants, les personnes différentes, les exclus de toutes sortes, est-ce qu’on n’a pas la même tentation de fermer les portes ?
Ce passage nous invite à rester ouverts, même quand la vérité dérange notre confort. C’est pas facile, mais c’est ça, être vraiment fidèle à l’Évangile.

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