Franchement, on a souvent une image un peu fausse de ce que c’est « annoncer la Bonne Nouvelle ». On s’imagine qu’il faut prêcher, faire des grands discours, convaincre les gens avec des mots. Mais en fait, quand on regarde Jésus, ce qu’il fait avant tout, c’est se tourner vers les pauvres, les malades, les exclus. Il ne fait pas juste en parler, il va vers eux concrètement.

Et je trouve que c’est exactement ce qui nous est demandé aujourd’hui. La Bonne Nouvelle, ce n’est pas d’abord des paroles, c’est une manière de vivre. C’est se demander, dans notre quotidien : qui a besoin de moi aujourd’hui ? Qui est seul, qui galère, qui n’a personne pour l’écouter ?

On pense souvent aux pauvres comme à ceux qui manquent d’argent. Mais il y a tellement d’autres formes de pauvreté aujourd’hui. Il y a la pauvreté affective, ces gens qui vivent seuls et que personne n’appelle. Il y a la pauvreté du sens, ces jeunes qui ne savent plus pourquoi se lever le matin. Il y a la pauvreté de la reconnaissance, ces travailleurs invisibles qu’on ne remercie jamais. Il y a la pauvreté numérique aussi, ces personnes âgées perdues face à un monde tout digital.

Alors annoncer la Bonne Nouvelle, concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire prendre le temps d’appeler quelqu’un qui est seul. Ça veut dire dire merci à celui qui nettoie les bureaux le soir. Ça veut dire donner un peu de son temps à une association, faire les courses pour un voisin âgé, écouter vraiment quand quelqu’un nous parle de ses difficultés.

Ce n’est pas la grandeur du geste qui compte, c’est la sincérité. Un sourire donné avec le cœur peut changer la journée de quelqu’un. Une main tendue peut redonner espoir. On n’a pas besoin d’être des héros ou des saints pour faire ça, juste d’être attentifs à ce qui se passe autour de nous, de sortir un peu de notre bulle.

La foi qui ne se traduit pas en actes concrets envers les plus fragiles, c’est une foi qui reste théorique. C’est en se penchant vraiment vers les pauvres, sous toutes leurs formes, qu’on devient témoins crédibles de cet amour qui nous a été donné gratuitement.

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