Suivre Dieu, c’est renoncer à soi ? La question, elle est piégeuse, parce que « renoncer à soi », ça sonne comme s’effacer, disparaître, devenir transparent. Et franchement, c’est pas ça du tout.

Quand Jésus dit « que celui qui veut me suivre renonce à lui-même », il parle pas de nous transformer en zombies sans personnalité. Il parle de renoncer à notre ego, à notre petit moi qui veut tout contrôler, tout accumuler, tout ramener à soi. C’est une nuance énorme.
Regardez, dans la vraie vie, ceux qui s’épanouissent vraiment, c’est jamais les égocentriques purs et durs. C’est les gens qui savent se décentrer un peu. Les parents qui sacrifient du temps pour leurs enfants, ils disent pas « je me suis perdu », ils disent « je me suis trouvé à travers eux ». Les bénévoles qui donnent des heures pour une association, ils rayonnent, ils sont pas vides, ils sont pleins de sens.
Suivre Dieu, c’est un peu ça. C’est accepter que ma vie prenne tout son sens pas en me regardant le nombril, mais en me tournant vers les autres et vers plus grand que moi. C’est un paradoxe, mais un paradoxe qui marche : plus je donne, plus je reçois. Plus je sers, plus je me sens vivant.
Alors non, c’est pas un renoncement au sens négatif du terme, comme si on perdait quelque chose de précieux. C’est plutôt un échange. Je lâche mon petit confort égoïste, mes petites peurs, mon besoin de tout contrôler, et en échange je reçois une liberté que je pouvais même pas imaginer avant.
C’est comme quelqu’un qui lâche une valise trop lourde pour pouvoir enfin courir. Sur le moment, ça fait bizarre de tout lâcher. Mais après, on se rend compte qu’on avançait plus, qu’on respirait plus. Suivre Dieu, c’est ce mouvement-là : lâcher pour avancer, se perdre un peu pour se retrouver en entier, avec les autres, avec soi, avec ce qui compte vraiment.

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