L’Evangile
Alléluia. Alléluia.
Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ
ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,
pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.
Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus commença à montrer à ses disciples
qu’il lui fallait partir pour Jérusalem,
souffrir beaucoup de la part des anciens,
des grands prêtres et des scribes,
être tué, et le troisième jour ressusciter.
Pierre, le prenant à part,
se mit à lui faire de vifs reproches :
« Dieu t’en garde, Seigneur !
cela ne t’arrivera pas. »
Mais lui, se retournant, dit à Pierre :
« Passe derrière moi, Satan !
Tu es pour moi une occasion de chute :
tes pensées ne sont pas celles de Dieu,
mais celles des hommes. »
Alors Jésus dit à ses disciples :
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix
et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra,
mais qui perd sa vie à cause de moi
la trouvera.
Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
si c’est au prix de sa vie ?
Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges
dans la gloire de son Père ;
alors il rendra à chacun selon sa conduite. »
Sa réflexion
Franchement, ce passage d’évangile, il dérange. Jésus annonce qu’il va souffrir, mourir, et Pierre, qui vient tout juste de le reconnaître comme le Messie, lui dit « non, jamais ça ne t’arrivera ! » Et là, Jésus le remet sévèrement à sa place : « passe derrière moi, Satan ». C’est violent comme réplique, non ? Mais en fait, on comprend vite pourquoi. Pierre, comme nous tous, il voudrait un Dieu qui arrange les choses, qui évite la souffrance, qui suit notre logique à nous.
Et c’est là que ça nous parle aujourd’hui. On vit dans une société qui nous vend en permanence l’idée qu’il faut réussir, éviter les galères, foncer vers le confort et la reconnaissance. On nous dit : pense à toi d’abord, protège-toi, ne te sacrifie pour personne. Et voilà que Jésus nous dit l’inverse : « celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. »
C’est pas un appel à se faire du mal, hein, faut pas se tromper. C’est plutôt une invitation à sortir de nous-mêmes, de notre petit confort égoïste. Regardez autour de vous : les gens qui rayonnent vraiment, qui ont l’air heureux pour de vrai, c’est souvent ceux qui donnent de leur temps, qui s’engagent pour les autres, qui portent leur croix avec le sourire. Pas ceux qui courent après le dernier gadget ou la promotion.
Aujourd’hui, porter sa croix, ça peut être rester fidèle dans son couple quand c’est compliqué, prendre soin d’un parent malade, dire non à des compromis malhonnêtes au boulot, ou simplement écouter quelqu’un qui va mal au lieu de scroller sur son téléphone. C’est pas glamour, mais c’est ça, suivre le Christ concrètement.

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