L’Evangile
Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là,
Hérode avait donné l’ordre d’arrêter Jean le Baptiste
et de l’enchaîner dans la prison,
à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe,
que lui-même avait prise pour épouse.
En effet, Jean lui disait :
« Tu n’as pas le droit
de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean,
et elle cherchait à le faire mourir.
Mais elle n’y arrivait pas
parce que Hérode avait peur de Jean :
il savait que c’était un homme juste et saint,
et il le protégeait ;
quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ;
cependant il l’écoutait avec plaisir.
Or, une occasion favorable se présenta
quand, le jour de son anniversaire,
Hérode fit un dîner pour ses dignitaires,
pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée.
La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa.
Elle plut à Hérode et à ses convives.
Le roi dit à la jeune fille :
« Demande-moi ce que tu veux,
et je te le donnerai. »
Et il lui fit ce serment :
« Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai,
même si c’est la moitié de mon royaume. »
Elle sortit alors pour dire à sa mère :
« Qu’est-ce que je vais demander ? »
Hérodiade répondit :
« La tête de Jean, celui qui baptise. »
Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi,
et lui fit cette demande :
« Je veux que, tout de suite,
tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. »
Le roi fut vivement contrarié;
mais à cause du serment et des convives,
il ne voulut pas lui opposer un refus.
Aussitôt il envoya un garde
avec l’ordre d’apporter la tête de Jean.
Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison.
Il apporta la tête sur un plat,
la donna à la jeune fille,
et la jeune fille la donna à sa mère.
Ayant appris cela,
les disciples de Jean vinrent prendre son corps
et le déposèrent dans un tombeau.
Sa réflexion
Vous savez, cette histoire de Jean-Baptiste qui se fait décapiter parce qu’il a osé dire la vérité à Hérode, ça résonne drôlement avec ce qu’on vit aujourd’hui. On est dans un monde où dire ce qu’on pense, dénoncer ce qui ne va pas, ça peut coûter cher. Regardez autour de vous : des lanceurs d’alerte qui perdent leur boulot, des journalistes qu’on menace, des gens qui se font harceler sur les réseaux juste parce qu’ils ont pointé du doigt une injustice. Jean-Baptiste, lui, il aurait pu se taire. Il aurait pu fermer les yeux sur la situation d’Hérode et Hérodiade, faire profil bas, éviter les ennuis. Mais non, il a parlé. Et ça lui a coûté la vie.
Ce qui me frappe dans ce récit, c’est aussi la faiblesse d’Hérode. Ce type est roi, il a tout le pouvoir, et pourtant il se retrouve piégé par sa propre parole donnée sous le coup de l’émotion, par la pression sociale, par la peur du regard des autres pendant ce fameux banquet. Combien de fois on fait des choses qu’on regrette parce qu’on a peur de perdre la face devant les autres ? Combien de décisions injustes sont prises juste parce qu’on n’ose pas revenir en arrière une fois qu’on s’est engagé publiquement ?
Cette histoire nous pousse à nous demander : est-ce que j’ai le courage de dire la vérité, même quand elle dérange ? Est-ce que je suis capable de résister à la pression du groupe, du « qu’est-ce qu’on va penser de moi » ? Jean-Baptiste nous montre qu’il y a un prix à payer pour rester intègre, mais aussi que cette intégrité-là, personne ne peut nous l’enlever, même en nous enlevant la vie.

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