L’Evangile

Alléluia. Alléluia.
Veillez, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y pensez pas
que le Fils de l’homme viendra.
Alléluia. (cf. Mt 24, 42a.44)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Veillez,
car vous ne savez pas quel jour
votre Seigneur vient.
    Comprenez-le bien :
si le maître de maison avait su
à quelle heure de la nuit le voleur viendrait,
il aurait veillé
et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Tenez-vous donc prêts, vous aussi :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra.
    Que dire du serviteur fidèle et sensé
à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison,
pour leur donner la nourriture en temps voulu ?
    Heureux ce serviteur
que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
    Amen, je vous le déclare :
il l’établira sur tous ses biens.
    Mais si ce mauvais serviteur se dit en lui-même :
“Mon maître tarde”,
    et s’il se met à frapper ses compagnons,
s’il mange et boit avec les ivrognes,
    alors quand le maître viendra,
le jour où son serviteur ne s’y attend pas
et à l’heure qu’il ne connaît pas,
    il l’écartera
et lui fera partager le sort des hypocrites ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

Sa réflexion

Vous savez, cet évangile pourrait faire peur si on le lit trop vite. Un maître qui revient à l’improviste, un voleur qui pourrait passer n’importe quand, un serviteur puni pour avoir mal agi… On pourrait croire que Jésus veut nous stresser, nous mettre la pression comme si on devait vivre avec une épée au-dessus de la tête.

Mais en fait, quand on y réfléchit avec notre vie d’aujourd’hui, c’est plutôt une invitation à ne pas se laisser bouffer par le quotidien. On connaît tous ça : on est pris dans le boulot, les écrans, les courses à faire, les notifications qui n’arrêtent pas de sonner, et on finit par vivre en mode « pilote automatique ». On reporte les choses importantes à plus tard. On se dit « j’ai le temps », « je verrai ça demain ». Et les jours passent, et on n’a toujours pas appelé cette personne qu’on aime, on n’a pas pris le temps de dire pardon, on n’a pas pris cinq minutes pour respirer et se demander où on va vraiment.

Jésus, avec cette image du maître qui rentre sans prévenir, nous dit simplement : ne remets pas à demain ce qui compte vraiment aujourd’hui. Pas pour te faire peur, mais pour te réveiller. C’est comme quand on sait qu’un ami va passer nous voir : on ne va pas paniquer, mais on va ranger un peu, on va être disponible, présent.

Être prêt, ce n’est pas vivre crispé en attendant une catastrophe. C’est vivre éveillé, avec le cœur ouvert, en faisant ce qu’on a à faire avec amour, maintenant, sans attendre le moment parfait qui n’arrivera jamais. Le maître peut venir n’importe quand, alors autant que sa maison le trouve vivante, pas endormie.

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