L’Evangile

Alléluia. Alléluia.
En celui qui garde la parole du Christ
l’amour de Dieu atteint vraiment sa perfection.
Alléluia. (1 Jn 2, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
Jésus disait :
    « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites,
parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis à la chaux :
à l’extérieur ils ont une belle apparence,
mais l’intérieur est rempli d’ossements
et de toutes sortes de choses impures.
    C’est ainsi que vous, à l’extérieur,
pour les gens, vous avez l’apparence d’hommes justes,
mais à l’intérieur vous êtes pleins d’hypocrisie et de mal.

    Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites,
parce que vous bâtissez les sépulcres des prophètes,
vous décorez les tombeaux des justes,
    et vous dites :
“Si nous avions vécu à l’époque de nos pères,
nous n’aurions pas été leurs complices
pour verser le sang des prophètes.”
    Ainsi, vous témoignez contre vous-mêmes :
vous êtes bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes.
    Vous donc, mettez le comble à la mesure de vos pères ! »

Sa réflexion

Vous savez, quand j’entends ce passage de Matthieu où Jésus parle de « sépulcres blanchis », je me dis qu’il aurait pu l’écrire hier en observant nos réseaux sociaux. On y voit tellement de belles vitrines, des vies parfaites en photo, des discours bien polis, et puis derrière… on ne sait pas toujours ce qui s’y cache vraiment. Jésus ne s’en prenait pas aux pharisiens parce qu’ils étaient méchants dans l’absolu, mais parce qu’ils avaient soigné l’apparence en oubliant l’intérieur. C’est terriblement actuel, ça.

On vit dans une époque où l’image compte énormément. Au travail, on nous demande d’avoir l’air compétent, souriant, disponible, même quand on est épuisé intérieurement. Sur les réseaux, on montre le voyage, le repas réussi, la famille heureuse, et on tait les disputes, les doutes, la fatigue. On finit presque par se blanchir soi-même, à force de vouloir paraître irréprochable.

Et puis il y a cette autre chose que Jésus dénonce : honorer les prophètes du passé tout en refusant d’écouter ceux d’aujourd’hui. On aime bien célébrer les grandes figures historiques, les héros qu’on peut mettre sur un piédestal sans qu’ils nous dérangent trop. Mais celui qui vient nous bousculer maintenant, qui nous dit une vérité inconfortable, on préfère souvent le faire taire ou l’ignorer.

Ce texte nous invite finalement à un vrai travail intérieur. Pas de faire semblant d’être bien, mais de laisser Dieu nettoyer ce qui doit l’être, même si c’est moins présentable. C’est plus courageux de reconnaître ses fissures que de les repeindre. Et c’est là, je crois, que la vraie vie spirituelle commence : pas dans le paraître, mais dans la sincérité, même imparfaite.

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