On a souvent cette idée qu’il faudrait être parfait pour que Dieu s’intéresse à nous. Genre, d’abord je corrige mes défauts, ensuite je peux prier, ensuite je mérite son amour. Sauf que c’est tout l’inverse dans l’Évangile.

Regardez les apôtres. Pierre, impulsif, qui va renier Jésus trois fois. Thomas, le douteur professionnel. Nathanaël lui-même, avec ses préjugés tout faits sur Nazareth. Jésus ne les choisit pas parce qu’ils sont irréprochables, il les choisit avec leurs failles, leurs caractères compliqués, leurs zones d’ombre.
C’est libérateur, ça, non ? Aujourd’hui, on vit dans une société qui nous pousse sans cesse à la performance. Il faut être le meilleur employé, le parent parfait, le partenaire idéal, avoir le corps parfait, la vie parfaite sur Instagram. On culpabilise dès qu’on n’atteint pas ces standards impossibles. Et parfois, on finit par croire que même Dieu attend cette perfection de nous.
Mais non. Dieu nous appelle avec nos colères, nos jalousies, nos lâchetés, nos moments de faiblesse. Il ne dit pas : « Reviens quand tu seras nickel. » Il dit : « Viens comme tu es, et on avance ensemble. » C’est ça, la grâce.
Ça ne veut pas dire qu’on reste immobiles dans nos défauts, hein. Mais le point de départ, c’est l’acceptation, pas la performance. Dieu voit nos qualités, bien sûr, nos élans de générosité, notre capacité à aimer, mais il voit aussi nos failles et il les intègre dans son plan. Nos défauts peuvent même devenir des chemins de conversion, des occasions de grandir en humilité.
Dans nos vies de tous les jours, ça peut changer notre regard sur nous-mêmes et sur les autres. Arrêter de se flageller parce qu’on n’est pas parfait. Arrêter de juger l’autre parce qu’il a des travers. Si Dieu accepte nos contradictions, nos hauts et nos bas, pourquoi on n’apprendrait pas à faire pareil, avec nous-mêmes et avec notre entourage ?
Être choisi tel qu’on est, ça donne une liberté immense : celle de ne plus jouer un rôle, mais d’avancer vraiment, avec authenticité, vers du mieux.

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