Aujourd’hui, je me retrouve souvent à penser à cette idée très simple : est-ce que j’accepte que quelqu’un entre dans ma vie, ou pas ? Et quand je dis “ma vie”, ça peut vouloir dire beaucoup de choses : une nouvelle relation, une amitié, une discussion honnête, quelqu’un qui cherche sa place, quelqu’un qui veut travailler avec moi, ou même simplement quelqu’un que je croise et que je pourrais aider. On a tous nos façons de décider vite. Parfois, c’est instantané : on sent que “ça ne va pas”, on juge une personne en deux secondes, on se protège.

Mais la vraie question, c’est ce qui guide mon choix. Est-ce que je me base sur des faits ? Est-ce que j’écoute ce que la personne dit et comment elle se comporte ? Ou bien est-ce que je réagis à mes peurs, à mes expériences passées, à mes blessures ? Parce que c’est facile de confondre prudence et rejet. Par exemple, si quelqu’un m’a déjà déçu, je peux garder une attitude froide “par principe”, et ça peut devenir injuste. Je peux aussi refuser par confort : garder mes habitudes, rester dans un cercle connu, éviter l’effort de connaître l’autre.
Et puis il y a une autre chose : est-ce que mon refus est définitif, sans retour ? C’est une question qui fait un peu peur, parce qu’on sait tous que les gens changent, parfois lentement, parfois d’un coup. Refuser une personne “pour toujours”, c’est peut-être se priver d’une amélioration possible. Mais accepter, ça peut aussi être risqué : il faut faire attention à la sécurité, au respect, aux limites. Donc, ce n’est pas “tout le monde doit entrer”. C’est plutôt : pourquoi je décide, et est-ce que ma décision est juste et réfléchie ?
Alors je me demande : si je dis non, est-ce que c’est parce que je constate un comportement incompatible avec mes valeurs, ou parce que j’ai juste envie de fermer ? Est-ce que je donne une chance à la clarification, à la conversation, à la possibilité de revoir mon avis ? Et si je dis oui, est-ce que c’est un oui sincère, ou un oui par culpabilité, par pression, ou pour ne pas avoir l’air méchant ?
Au fond, la vraie boussole, c’est la cohérence : protéger sans haïr, accueillir sans se perdre.

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