L’Evangile

Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur.
Alléluia. (cf. Ps 94, 8a.7c)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus se mit de nouveau à parler
aux grands prêtres et aux anciens du peuple,
et il leur dit en paraboles :
    « Le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui célébra les noces de son fils.
    Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités,
mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
    Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :
“Voilà : j’ai préparé mon banquet,
mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ;
tout est prêt : venez à la noce.”
    Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent,
l’un à son champ, l’autre à son commerce ;
    les autres empoignèrent les serviteurs,
les maltraitèrent et les tuèrent.
    Le roi se mit en colère,
il envoya ses troupes,
fit périr les meurtriers
et incendia leur ville.
    Alors il dit à ses serviteurs :
“Le repas de noce est prêt,
mais les invités n’en étaient pas dignes.
    Allez donc aux croisées des chemins :
tous ceux que vous trouverez,
invitez-les à la noce.”
    Les serviteurs allèrent sur les chemins,
rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent,
les mauvais comme les bons,
et la salle de noce fut remplie de convives.

    Le roi entra pour examiner les convives,
et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce.
    Il lui dit :
“Mon ami, comment es-tu entré ici,
sans avoir le vêtement de noce ?”
L’autre garda le silence.
    Alors le roi dit aux serviteurs :
“Jetez-le, pieds et poings liés,
dans les ténèbres du dehors ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.”

    Car beaucoup sont appelés,
mais peu sont élus. »

Sa réflexion

Franchement, en lisant l’histoire du banquet, je me dis que ça ressemble beaucoup à notre vie actuelle. On a parfois l’impression que tout le monde “envoie des invitations”, que ce soit pour un repas, une occasion, un projet, une opportunité, ou même juste pour dire “je suis là pour toi”. Mais la question, c’est pas seulement “qui invite ?”, c’est “qui répond ?”. Dans l’évangile, certains refusent pour des raisons qui semblent “normales” à première vue : ils ont autre chose à faire, ils sont pris par leurs affaires, par leur routine. Et là, ça me parle, parce qu’aujourd’hui aussi, on peut repousser l’essentiel en se noyant dans l’urgent : les écrans, le travail, la pression, les soucis, et parfois même la fatigue qui nous fait fermer notre cœur.

Le banquet, c’est l’image d’un moment de rencontre, de joie, de partage. Et pourtant, certains ne veulent pas venir, comme si la relation, le temps donné, la paix, ou la dignité des autres ne valaient pas l’effort. Mais le plus choquant, c’est la suite : l’invitation finit par atteindre tout le monde, sans exception. Là, je comprends que la vie, l’amour, la possibilité de commencer autrement, ce n’est pas réservé à “ceux qui sont déjà parfaits”.

Et puis il y a cette idée du vêtement : on ne peut pas juste dire “oui” avec les mots et rester fermé au fond. Autrement dit, accueillir ne veut pas dire accepter n’importe quoi, mais laisser l’invitation nous transformer. Dans le fond, la vraie question pour aujourd’hui, c’est : est-ce que je me contente de refuser par habitude, ou est-ce que je prends le risque d’entrer, de changer, et de laisser la joie m’atteindre ?

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