L’Evangile

Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, efficace, la parole de Dieu ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Alléluia. (cf. He 4,12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    « Le royaume des Cieux est comparable
au maître d’un domaine qui sortit dès le matin
afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
    Il se mit d’accord avec eux
sur le salaire de la journée : un denier,
c’est-à-dire une pièce d’argent,
et il les envoya à sa vigne.
    Sorti vers neuf heures,
il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
    Et à ceux-là, il dit :
“Allez à ma vigne, vous aussi,
et je vous donnerai ce qui est juste.”
    Ils y allèrent.
Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures,
et fit de même.
    Vers cinq heures, il sortit encore,
en trouva d’autres qui étaient là et leur dit :
“Pourquoi êtes-vous restés là,
toute la journée, sans rien faire ?”
     Ils lui répondirent :
“Parce que personne ne nous a embauchés.”
Il leur dit :
“Allez à ma vigne, vous aussi.”

    Le soir venu,
le maître de la vigne dit à son intendant :
“Appelle les ouvriers et distribue le salaire,
en commençant par les derniers
pour finir par les premiers.”
    Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent
et reçurent chacun une pièce d’un denier.
    Quand vint le tour des premiers,
ils pensaient recevoir davantage,
mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
    En la recevant,
ils récriminaient contre le maître du domaine :
    “Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure,
et tu les traites à l’égal de nous,
qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !”
     Mais le maître répondit à l’un d’entre eux :
“Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi.
N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
    Prends ce qui te revient, et va-t’en.
Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
    n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ?
Ou alors ton regard est-il mauvais
parce que moi, je suis bon ?”
     C’est ainsi que les derniers seront premiers,
et les premiers seront derniers. »

Sa réflexion

Franchement, cette parabole des ouvriers de la dernière heure, elle a de quoi nous piquer un peu. On se met à la place des premiers arrivés, ceux qui ont travaillé toute la journée sous le soleil, et on se dit : c’est pas juste ! Les derniers arrivés, ils ont bossé une heure et ils touchent la même paie. Ça nous parle direct, parce qu’on vit dans un monde où tout se calcule, où on regarde toujours ce que l’autre a eu par rapport à nous. Sur les réseaux sociaux, au boulot, dans la famille même, on compare sans arrêt. Qui a eu la promotion, qui a reçu le cadeau le plus cher, qui a été félicité en premier.

Et là, Jésus vient nous bousculer avec cette histoire. Le patron de la vigne, c’est Dieu, et sa logique, elle n’est pas celle du mérite ou de la performance. Elle est celle de l’amour gratuit. Il ne regarde pas combien de temps on a travaillé, il regarde qu’on est venu, qu’on a répondu à l’appel, même tard, même après avoir raté plein d’occasions dans sa vie.

Ça nous parle aujourd’hui, dans une société où on juge les gens sur leurs résultats, leur CV, leur réussite. On a l’impression qu’il faut mériter l’amour, mériter le respect, mériter d’être aimé de Dieu. Mais l’Évangile nous dit autre chose : Dieu ne fait pas ses comptes comme nous. Il donne en abondance, sans regarder qui a « mieux fait » que l’autre.

Alors peut-être que la vraie question, ce n’est pas « pourquoi lui a autant que moi », mais plutôt « est-ce que je suis content d’avoir été appelé, moi aussi, à travailler dans sa vigne ? » C’est une invitation à lâcher la comparaison et à accueillir la grâce comme un cadeau, pas comme un salaire.

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