
Alors, la richesse et le Royaume de Dieu, c’est compatible ou pas ? Franchement, la question mérite qu’on s’y arrête, parce qu’on a souvent une lecture un peu simpliste de l’évangile : « riche = méchant, pauvre = saint ». Mais c’est pas si simple que ça.
Regardons l’évangile de près. Jésus ne dit pas que l’argent en soi c’est mal. Il dit que c’est difficile pour un riche d’entrer dans le Royaume. Difficile, pas impossible. Et la nuance, elle est énorme. Le problème, c’est pas d’avoir de l’argent, c’est de laisser l’argent nous avoir, nous posséder, nous rendre esclaves.
Pensez à quelqu’un qui a plein de biens et qui n’arrive plus à dormir tellement il a peur de tout perdre. Quelqu’un qui calcule tout, qui n’ose plus donner de peur de manquer, qui juge sa valeur et celle des autres à ce qu’ils possèdent. Là, effectivement, le cœur est verrouillé. Il n’y a plus de place pour la confiance en Dieu, ni pour les autres.
Et à l’inverse, on peut être riche et généreux, riche et détaché, riche et simple dans son cœur. L’histoire de l’Église regorge de gens qui avaient des moyens et qui les ont mis au service des autres, sans en faire une idole.
Ce qui compte, c’est la place qu’on donne à l’argent dans notre vie. Est-ce qu’il est un outil au service de l’amour, du partage, de la construction du Royaume ? Ou est-ce qu’il devient le centre, le but, la sécurité ultime qui remplace la confiance en Dieu ?
Aujourd’hui, dans notre monde de consommation, de comparaison permanente sur les réseaux sociaux, cette question est plus actuelle que jamais. On nous pousse à accumuler, à montrer ce qu’on a, à se définir par nos possessions. L’évangile nous invite à un autre chemin : celui de la liberté intérieure, du détachement qui permet d’aimer vraiment, de donner sans calcul, et de faire confiance à un Dieu qui prend soin de nous bien au-delà de nos comptes en banque.
C’est ça, comprendre : c’est pas contre l’argent, c’est pour la liberté du cœur.

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