Je crois en Dieu, le Père, qui regarde avec tendresse la petitesse de nos vies, qui renverse les puissants de leurs trônes et relève les humbles, qui comble de biens les affamés d’aujourd’hui — ceux qui ont faim de pain, de justice, de sens, de reconnaissance.

Je crois en Jésus-Christ, son Fils, accueilli d’abord dans le ventre d’une jeune femme en marche, reconnu avant même de naître, qui a fait tressaillir de joie ceux qui l’attendaient et qui continue aujourd’hui de se rendre présent dans nos rencontres, nos gestes de solidarité, nos élans vers ceux qui ont besoin de nous.

Je crois en l’Esprit Saint, celui qui a rempli Élisabeth et qui souffle encore aujourd’hui dans nos vies pressées, connectées, parfois fatiguées, pour nous donner de reconnaître la présence de Dieu chez l’autre, même quand cet autre nous dérange ou nous bouscule.

Je crois que Marie, comme nous, a dû se lever et partir vite, sortir de chez elle pour aller vers une autre, sans attendre d’être prête ou certaine, faisant confiance malgré les questions sans réponse. Comme elle, nous sommes appelés à ne pas rester enfermés dans nos écrans, nos soucis, nos routines, mais à nous mettre en route vers ceux qui nous attendent.

Je crois que Dieu nous relève, comme il a relevé Marie, lui la petite, la pauvre, la servante, et qu’il nous élève aujourd’hui, avec elle, non pas pour nous éloigner du monde et de ses combats, mais pour nous donner la force d’y rester debout, d’y être des porteurs d’espérance.

Je crois en la résurrection, en la vie qui ne s’arrête pas à nos limites, à nos échecs, à nos fins de vie, mais qui s’ouvre, comme pour Marie, sur une gloire promise à tous ceux qui, comme elle, ont dit « oui » avec leur corps et leur cœur entiers.

Amen.

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