On a tous connu ça, un jour ou l’autre : ce moment où notre cœur se ferme comme un poing serré. Après une trahison, une déception, une injustice, on se blinde. On se dit « plus jamais on ne me la fait ». Et petit à petit, sans qu’on s’en rende vraiment compte, on devient plus froids, plus méfiants, plus durs avec les autres et même avec nous-mêmes.

C’est fou comme la vie moderne favorise ça, d’ailleurs. On nous apprend à être forts, indépendants, à ne compter que sur nous-mêmes. Résultat : on a des cœurs blindés, des carapaces bien épaisses, on n’ose plus vraiment se laisser toucher, ni par la joie des autres, ni par leur souffrance. On scrolle sur nos écrans devant des drames humains sans même sourciller.

Mais voilà la bonne nouvelle : ce cœur endurci, ce n’est pas une fatalité. Dieu ne nous demande pas de nous forcer à changer par nous-mêmes, comme si on devait serrer les dents et devenir gentil par pure volonté. Non, il nous propose quelque chose de bien plus doux : le laisser entrer.

C’est un peu comme ouvrir une fenêtre dans une pièce qui sentait le renfermé depuis trop longtemps. On n’a pas besoin de tout nettoyer nous-mêmes avant, on ouvre juste, et l’air frais fait le travail petit à petit.

Accueillir Dieu, concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire lui donner accès à nos rancunes, nos peurs, nos blessures anciennes. Ça veut dire lui dire : « regarde, j’ai mal là, je n’arrive plus à pardonner cette personne, aide-moi. » Et lui, patiemment, sans nous brusquer, il travaille cette terre dure comme un jardinier travaille une terre asséchée.

Le prophète Ézéchiel le disait déjà il y a des siècles : « Je vous donnerai un cœur nouveau, j’enlèverai votre cœur de pierre pour vous donner un cœur de chair. » C’est une promesse toujours actuelle. Chaque jour on peut recommencer, chaque jour on peut inviter un peu plus de tendresse, un peu plus de pardon dans nos vies.

Alors non, on n’est pas condamnés à rester des cœurs de pierre. Il suffit d’ouvrir la porte, ne serait-ce qu’un tout petit peu.

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