L’Evangile
« C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi » (Mt 19, 3-12)
Alléluia. Alléluia.
Accueillez la parole de Dieu :
pour ce qu’elle est réellement :
non pas une parole d’hommes,
mais la parole de Dieu.
Alléluia. (cf. 1 Th 2, 13)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
des pharisiens s’approchèrent de Jésus pour le mettre à l’épreuve ;
ils lui demandèrent :
« Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme
pour n’importe quel motif ? »
Il répondit :
« N’avez-vous pas lu ceci ?
Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme ?
et dit :
“À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme,
et tous deux deviendront une seule chair.”
Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni,
que l’homme ne le sépare pas ! »
Les pharisiens lui répliquent :
« Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit
la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? »
Jésus leur répond :
« C’est en raison de la dureté de votre cœur
que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes.
Mais au commencement, il n’en était pas ainsi.
Or je vous le dis :
si quelqu’un renvoie sa femme
– sauf en cas d’union illégitime –
et qu’il en épouse une autre,
il est adultère. »
Ses disciples lui disent :
« Si telle est la situation de l’homme
par rapport à sa femme,
mieux vaut ne pas se marier. »
Il leur répondit :
« Tous ne comprennent pas cette parole,
mais seulement ceux à qui cela est donné.
Il y a des gens qui ne se marient pas
car, de naissance, ils en sont incapables ;
il y en a qui ne peuvent pas se marier
car ils ont été mutilés par les hommes ;
il y en a qui ont choisi de ne pas se marier
à cause du royaume des Cieux.
Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! »
Sa réflexion
Vous savez, quand on entend cet évangile sur le divorce, on pourrait se dire que Jésus, il tombe un peu à côté de la plaque avec notre époque. Aujourd’hui, un couple sur deux se sépare, on a l’impression que c’est presque devenu la norme. Alors qu’est-ce qu’on fait avec cette parole qui semble si exigeante ?
En fait, je crois que Jésus ne fait pas la morale, il ne pointe pas du doigt les gens qui ont vécu une séparation, une souffrance immense d’ailleurs. Ce qu’il fait, c’est qu’il nous ramène à l’origine, au projet de Dieu, à ce rêve magnifique d’une union qui dure, qui grandit, qui traverse les tempêtes. Il nous dit : voilà ce pour quoi vous êtes faits, voilà la beauté possible.
Et quand les pharisiens lui parlent de Moïse qui permettait de répudier sa femme, Jésus répond un truc essentiel : « à cause de la dureté de votre cœur ». Ça, ça nous parle directement, non ? Nos cœurs durs. Nos incapacités à pardonner, à tenir dans la durée, à faire des compromis, à aimer vraiment l’autre dans ses failles. On vit dans une société de l’instantané, du jetable, où on change de partenaire comme on change de téléphone, dès que ça grince un peu.
Alors peut-être que cet évangile, plutôt que de nous juger, nous invite à interroger nos propres duretés de cœur. Est-ce qu’on est capables de patience, de fidélité, dans nos couples mais aussi dans nos amitiés, nos familles, nos engagements ? Est-ce qu’on fuit à la première difficulté ou est-ce qu’on reste, on parle, on essaie de comprendre ?
Ce texte n’est pas là pour culpabiliser ceux qui ont souffert d’une rupture. Il est là pour nous redire que l’amour vrai demande du courage, de la tendresse, et un cœur qui accepte de se laisser transformer.


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