L’Evangile

« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits » (Mt 18, 1-5.10.12-14)

Alléluia. Alléluia.
Prenez sur vous mon joug,
devenez mes disciples, dit le Seigneur,
car je suis doux et humble de cœur.
Alléluia. (cf. Mt 11, 29ab)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

À ce moment-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent :
« Qui donc est le plus grand
dans le royaume des Cieux ? »
    Alors Jésus appela un petit enfant ;
il le plaça au milieu d’eux,
    et il déclara :
« Amen, je vous le dis :
si vous ne changez pas
pour devenir comme les enfants,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
    Mais celui qui se fera petit comme cet enfant,
celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux.
    Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom,
il m’accueille, moi.
    Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits,
car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux
voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.

    Quel est votre avis ?
Si un homme possède cent brebis
et que l’une d’entre elles s’égare,
ne va-t-il pas laisser les 99 autres
dans la montagne
pour partir à la recherche de la brebis égarée ?
    Et, s’il arrive à la retrouver,
amen, je vous le dis :
il se réjouit pour elle
plus que pour les 99
qui ne se sont pas égarées.
    Ainsi, votre Père qui est aux cieux
ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »

Sa réflexion

Ce mardi, l’évangile me remet les pieds sur terre. Jésus ne parle pas d’être “petit” pour s’écraser, il parle de devenir simple, humble, vrai. Quand on lit Mt 18, 1-5.10.12-14, on comprend que Dieu ne s’intéresse pas seulement aux grandes réussites, aux discours impressionnants ou aux gens qui “comptent”. Non. Il regarde aussi ceux qu’on oublie, ceux qu’on met à l’écart, ceux qui sont fragiles, comme un enfant. Et dans notre vie actuelle, c’est tellement parlant : dans une journée, on peut vite juger, vite classer les gens, vite décider qui vaut la peine. Sur les réseaux, ça va encore plus vite : un commentaire peut blesser, une moquerie peut devenir virale, et parfois quelqu’un souffre en silence pendant des semaines. Jésus nous demande de faire attention : le respect, ce n’est pas juste une belle idée, c’est une manière de vivre qui protège l’autre.

Et il y a aussi cette phrase qui fait réfléchir : ne pas mépriser “le petit”. Aujourd’hui, “le petit”, ça peut être une personne discrète, quelqu’un qui galère, une personne différente, ou même quelqu’un qui se trompe, mais qui mérite quand même d’être traité avec dignité. Respecter, c’est éviter de faire du mal par négligence, par orgueil, ou par indifférence. Respecter, c’est aussi prendre soin : écouter vraiment, parler avec mesure, laisser une chance, et refuser l’esprit de domination.

Finalement, ce passage me pousse à demander : est-ce que je construis autour de moi un monde où les autres se sentent en sécurité ? Ou est-ce que je détruis, même involontairement, avec mon ton, mes réactions, mes jugements ? Jésus me rappelle que l’amour commence souvent par les gestes les plus simples.

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