L’Eavngile
« Ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux » (Mt 14, 22-33)

Alléluia. Alléluia.
J’espère le Seigneur,
et j’attends sa parole.
Alléluia. (cf. Ps 129, 5)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert,
Jésus obligea les disciples à monter dans la barque
et à le précéder sur l’autre rive,
pendant qu’il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées,
il gravit la montagne, à l’écart, pour prier.
Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre,
elle était battue par les vagues,
car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux
en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer,
les disciples furent bouleversés.
Ils dirent :
« C’est un fantôme. »
Pris de peur, ils se mirent à crier.
Mais aussitôt Jésus leur parla :
« Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »
Pierre prit alors la parole :
« Seigneur, si c’est bien toi,
ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
Jésus lui dit :
« Viens ! »
Pierre descendit de la barque
et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
Mais, voyant la force du vent, il eut peur
et, comme il commençait à enfoncer, il cria :
« Seigneur, sauve-moi ! »
Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit
et lui dit :
« Homme de peu de foi,
pourquoi as-tu douté ? »
Et quand ils furent montés dans la barque,
le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque
se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent :
« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Sa réflexion
On a tous connu ça, ce moment où on se retrouve seul dans la barque, en pleine nuit, avec le vent qui souffle et les vagues qui secouent tout. C’est exactement ce que vivent les disciples dans cet évangile. Jésus les a envoyés devant, il est resté prier de son côté, et eux, ils galèrent en mer, ballottés par la tempête. Et voilà que Jésus arrive en marchant sur l’eau, et au lieu d’être rassurés, ils ont peur, ils croient voir un fantôme !
C’est fou comme cette scène nous parle aujourd’hui. Combien de fois on traverse des tempêtes – perte d’emploi, maladie, rupture, angoisse du lendemain – et on a l’impression d’être seuls dans notre barque, sans personne pour nous aider ? Et même quand quelque chose ou quelqu’un vient à notre secours, on a du mal à y croire, on se méfie, on a peur que ce soit encore une illusion.
Et puis il y a Pierre. Ce gars qui ose descendre de la barque, qui marche sur l’eau tant qu’il garde les yeux sur Jésus. Mais dès qu’il regarde le vent, dès qu’il se concentre sur la difficulté plutôt que sur la présence qui l’appelle, il coule. C’est tellement nous, ça ! On commence plein d’élan, et puis on se laisse rattraper par nos peurs, nos doutes, le bruit ambiant qui nous dit que c’est impossible.
Ce qui me touche, c’est que Jésus ne laisse pas Pierre couler. Il tend la main tout de suite. Dans nos tempêtes personnelles, professionnelles, familiales, il y a toujours cette main tendue, parfois à travers un proche, un mot, un silence apaisant. La question, c’est : est-ce qu’on ose encore tendre la main vers elle, même quand on a peur ?

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