Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, nous célébrons la fête de la Transfiguration. L’Évangile nous dit : Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il monte sur une haute montagne. Là, pendant qu’il prie, son visage devient rayonnant, et ses vêtements deviennent blancs comme la lumière. Et surtout, des voix venant du ciel déclarent : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Puis, soudain, la vision disparaît, et Jésus se retrouve là, redevenu comme avant. Mais les disciples restent bouleversés : ils ont vu quelque chose qui dépasse l’apparence des jours ordinaires.

Pourquoi cette scène nous concerne-t-elle aujourd’hui ? Parce qu’en réalité, nous vivons souvent une vie en deux temps. Il y a des moments de lumière : quand tout va mieux, quand la foi nous porte, quand un geste d’amour nous relève. Et il y a d’autres moments plus lourds : les épreuves, les soucis, la fatigue, l’injustice, la solitude, parfois le sentiment d’être loin de Dieu. Comme les disciples, nous aimerions parfois rester sur la montagne : vouloir garder ce bonheur, cette certitude, ce calme. Mais l’Évangile nous rappelle que la montagne n’est pas un refuge permanent. La lumière ne nous est pas donnée pour fuir le monde ; elle nous est donnée pour y retourner autrement.

« Écoutez-le ! » Ce commandement nous ramène au cœur : la Transfiguration n’est pas seulement une merveille à regarder, c’est un appel à suivre. Écoutez Jésus dans la prière, quand votre cœur s’enlise. Écoutez-le quand vous cherchez une direction, quand vous n’arrivez plus à décider. Écoutez-le quand vous êtes tentés de répondre à la violence par la violence, à la haine par la haine, à l’indifférence par l’indifférence.

Et l’actualité, nous la connaissons : un monde qui s’agite, des cris, des écrans qui donnent l’impression que tout va trop vite, des nouvelles qui assombrissent l’esprit. On peut se sentir submergé. Mais la Transfiguration nous dit : il existe une autre lumière. Pas une lumière fabriquée, pas une lumière superficielle. Une lumière qui vient d’en haut, une lumière qui transforme la manière de voir : le frère ou la sœur en face de moi n’est pas un obstacle, c’est une personne à aimer. La vérité n’est pas une opinion parmi d’autres : elle est liée au Christ. Le pardon n’est pas faiblesse : il est force, parce qu’il naît de Dieu.

En ce jour, demandons au Seigneur une grâce simple : que notre vie devienne, à sa façon, transfigurée. Que notre regard se fasse plus juste. Que nos paroles soient moins dures et plus vraies. Que nos choix soient guidés par l’écoute de Jésus.

Et même si nous redescendons de la montagne, même si la vie reprend ses combats, retenons ceci : la lumière de Dieu n’a pas disparu. Elle nous précède et elle nous accompagne. Amen.

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