On a souvent une image un peu fausse de la foi. On s’imagine qu’avoir la foi, c’est ne jamais douter, toujours être sûr de soi, prier avec des mots parfaits et ne jamais se poser de questions. Mais en fait, si on regarde vraiment ce que Jésus admire chez les gens dans l’Évangile, c’est tout autre chose.

La femme cananéenne, celle qu’on appelle parfois syro-phénicienne, elle n’a rien d’une croyante modèle. Elle n’appartient même pas au bon peuple, elle n’a pas la bonne religion, elle n’a pas les codes. Et pourtant Jésus dit d’elle : « grande est ta foi ! » Pourquoi ? Parce qu’elle insiste, elle ne se laisse pas décourager, elle garde son cap même face à l’indifférence apparente.

Une grande foi, ce n’est donc pas une foi sans faille, c’est une foi qui tient bon dans la tempête. C’est croire encore quand rien ne prouve qu’on a raison d’y croire. C’est cette capacité à dire « je continue à espérer » même quand tout semble indiquer le contraire.

Dans nos vies, ça peut ressembler à quoi ? Ça peut être ce parent qui ne renonce jamais pour son enfant en difficulté. Ce couple qui s’accroche malgré les crises. Cette personne malade qui garde une petite flamme d’espoir même dans la souffrance. La grande foi, ce n’est pas l’absence de doute, c’est la persévérance malgré le doute.

Et il y a autre chose de fascinant : cette femme utilise même l’humour et l’intelligence pour répondre à Jésus. Sa foi n’est pas passive, elle est active, vivante, elle dialogue, elle argumente. La foi, ce n’est pas rester les bras croisés en attendant un miracle, c’est s’engager, insister, chercher des mots justes.

Alors peut-être qu’aujourd’hui, la vraie question n’est pas « ai-je assez la foi ? » mais plutôt « est-ce que je tiens bon, est-ce que je persévère dans ce que je crois juste, même quand c’est dur ? » Voilà peut-être ça, une grande foi : une confiance têtue, intelligente, vivante, qui refuse de s’éteindre.

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