Il était une fois, dans un village niché entre deux collines, un vieux pont de bois qui reliait les habitants à la grande ville où l’on trouvait le marché, les médecins et l’école. Ce pont, tout le monde le trouvait fragile. Certaines planches craquaient, d’autres manquaient carrément, et les enfants avaient toujours un peu peur de le traverser.

Un jour, un jeune garçon nommé Tomàs dut le traverser seul pour la première fois, car sa mère était malade et il fallait aller chercher le médecin de l’autre côté. Debout devant le pont, il tremblait. « Je vais tomber, » pensait-il. « Je ne suis pas assez fort, pas assez grand. »
C’est alors qu’une vieille femme, qui vivait près du pont depuis toujours, s’approcha de lui. « Tu sais, » dit-elle, « ce pont a traversé des tempêtes, des crues, des années entières. Il tient encore parce que chaque planche fait confiance à celle d’à côté. Aucune planche n’est parfaite toute seule, mais ensemble, elles portent le poids de tous ceux qui passent. »
Elle posa sa main sur l’épaule de Tomàs. « Toi aussi, tu es comme une planche de ce pont. Tu n’as pas besoin d’être parfait pour avancer. Il te suffit de croire que tu peux poser un pied devant l’autre, et de faire confiance à ce pont qui t’a précédé, à tous ceux qui l’ont traversé avant toi. »
Tomàs prit une grande respiration. Planche après planche, il avança, sentant parfois le bois vaciller sous ses pieds, mais continuant malgré tout. Arrivé de l’autre côté, il se retourna et vit le pont, toujours debout, fidèle, patient.
Il ramena le médecin, et sa mère guérit. Mais ce jour-là, Tomàs comprit quelque chose de plus grand que la simple traversée d’un pont : il avait appris à croire en lui-même, en s’appuyant sur la force des autres, comme ces planches usées mais solidaires. Depuis ce jour, chaque fois qu’il devait affronter une peur, il se souvenait du pont, et il se disait : « Avance, une planche à la fois, on n’est jamais vraiment seul. »

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