Vous savez, quand on regarde l’actualité ces derniers temps, on a un peu l’impression de vivre en pleine tempête. Les crises s’enchaînent, les repères vacillent, on ne sait plus trop où on met les pieds. Et voilà que l’Évangile de ce dimanche nous parle justement d’une barque secouée par les vagues, en pleine nuit, avec des disciples terrorisés. Franchement, ça tombe à pic.

Alors racontons-nous l’histoire. Jésus vient de nourrir cinq mille personnes, il envoie ses disciples de l’autre côté du lac pendant que lui va prier, seul, sur la montagne. Et pendant ce temps-là, la barque des disciples se fait chahuter par le vent. C’est la nuit, ils sont épuisés, ils rament comme des fous et ça n’avance pas. On connaît tous ça, non ? Ces moments où on a l’impression de ramer à contre-courant, où on se démène et où rien ne semble aboutir. Que ce soit dans notre boulot, dans nos relations, dans notre santé, ou simplement en suivant les nouvelles le soir à la télé.

Et là, au milieu de la nuit, Jésus arrive en marchant sur l’eau. Et les disciples, au lieu d’être rassurés, ont encore plus peur ! Ils croient voir un fantôme. C’est assez fou quand on y pense : parfois, même quand quelque chose de bon se présente, on a du mal à y croire, on est tellement habitués à s’attendre au pire qu’on ne reconnaît plus la présence rassurante quand elle est là.

Puis il y a ce moment magnifique avec Pierre. Il demande à Jésus : « Si c’est toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Et il y va ! Il marche vraiment sur l’eau, pendant quelques instants. Mais dès qu’il regarde le vent, dès qu’il prend conscience de la tempête autour de lui, il commence à couler. C’est tellement humain, ça, non ? Combien de fois on se lance dans quelque chose avec une belle énergie, et puis on se met à regarder tous les obstacles, toutes les difficultés, et on perd pied ?

Alors comment se préparer à vivre ce dimanche, concrètement, dans notre vie d’aujourd’hui ?

Je crois qu’il faut d’abord accepter qu’on traverse tous des tempêtes. Ce n’est pas une question de foi ratée ou de malchance, c’est juste la vie. Entre les incertitudes économiques, les tensions dans le monde qu’on voit défiler sur nos écrans, les soucis personnels de chacun, on est un peu tous dans cette barque ballottée. Et ce n’est pas grave de le reconnaître.

Ensuite, il y a cette invitation à ne pas rester focalisés uniquement sur le vent et les vagues, sur tout ce qui nous inquiète. Pas pour faire l’autruche, hein, mais pour essayer de garder un point de repère, quelque chose qui nous stabilise. Pour Pierre, c’est le regard fixé sur Jésus. Pour nous, ça peut être un moment de silence dans la journée, une prière, une parole qui nous fait du bien, un moment de partage avec quelqu’un qu’on aime. Un petit ancrage dans la tempête.

Et puis il y a ce cri de Pierre quand il commence à couler : « Seigneur, sauve-moi ! » C’est tout simple, mais c’est peut-être ça, la vraie préparation à ce dimanche : accepter de dire, nous aussi, dans nos mots à nous, que parfois on ne s’en sort pas tout seuls. Que ce soit une prière, un appel à un ami, une demande d’aide auprès d’un professionnel, peu importe la forme, c’est cette capacité à tendre la main plutôt que de couler en silence qui compte.

Et enfin, il y a cette phrase de Jésus qui accompagne toute la scène : « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur. » Dans un monde qui carbure un peu à l’anxiété, où l’actualité nous bombarde de mauvaises nouvelles en continu, se préparer à ce dimanche, c’est peut-être justement se réapproprier ces mots-là. Pas comme une formule magique qui efface les problèmes, mais comme une invitation à traverser les tempêtes autrement, avec moins de panique et un peu plus de confiance.

Donc voilà, cette semaine, on pourrait essayer, chacun à sa manière, de repérer où sont nos tempêtes personnelles, ce qui nous fait peur ou nous déstabilise, et de se demander : qu’est-ce qui pourrait être mon « regard fixé sur Jésus » à moi ? Qu’est-ce qui peut m’aider à ne pas couler, même quand le vent souffle fort ?

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