On vit dans un monde où on nous répète sans arrêt qu’il faut tout maîtriser, tout planifier, tout contrôler. Les applications de gestion du temps, les thérapies pour mieux gérer ses émotions, les coaches en tout genre… L’idée qui circule partout, c’est que si ta vie ne marche pas, c’est que tu n’as pas bien géré quelque chose. Résultat : on se retrouve épuisés à essayer de tout tenir, et quand ça déraille malgré tout, on se sent coupables en plus.

Et c’est là qu’on touche quelque chose de profond dans la foi chrétienne : mettre sa confiance en Dieu, ce n’est pas démissionner, ce n’est pas croiser les bras en disant « Dieu va s’en occuper. » C’est tout autre chose. C’est reconnaître humblement qu’on n’est pas tout-puissants, que la vie est plus grande que nos plans, et qu’il y a quelqu’un de fiable à qui on peut confier ce qu’on ne maîtrise pas.
Concrètement, ça change quelque chose au quotidien. Quand on perd un emploi, quand une relation se brise, quand on reçoit un diagnostic difficile, quand le monde tourne mal autour de nous… est-ce qu’on s’effondre complètement, ou est-ce qu’il y a un fond, quelque chose qui tient ? La confiance en Dieu, c’est ce fond-là. Ce n’est pas une assurance tous risques qui garantit que tout va bien se passer. C’est une présence au cœur des tempêtes, pas uniquement après.
Les psaumes dans la Bible sont pleins de gens qui crient, qui se plaignent, qui doutent. Et pourtant ils s’adressent à quelqu’un. Ce n’est pas une confiance naïve. C’est une confiance qui a traversé des nuits, des épreuves, des silences de Dieu qui durent longtemps. Et qui tient quand même.
Faire confiance à Dieu aujourd’hui, ça peut ressembler à un parent qui lâche la main de son enfant malade en salle d’opération, pas parce qu’il s’en fiche, mais parce qu’il sait que d’autres mains, là, vont prendre le relais. C’est une humilité douloureuse et libératrice en même temps.
Ce qui est beau, c’est que cette confiance ne nous rend pas passifs. Elle nous libère pour agir sans être paralysés par l’angoisse. On fait ce qu’on peut, du mieux qu’on peut, et on remet le reste. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est peut-être l’une des formes de courage les plus exigeantes qui soit.

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