On parle beaucoup de confiance ces derniers temps. Confiance dans les institutions, confiance dans les autres, confiance dans les experts, dans les médias, dans les politiques… Et franchement, vu ce qu’on vit collectivement, cette confiance-là prend des coups. Les scandales, les fake news, les promesses non tenues… On a de quoi être méfiant. Mais là où je voudrais s’arrêter un instant, c’est sur quelque chose qu’on oublie souvent dans ce débat : avant de faire confiance aux autres, il faut déjà se faire confiance à soi-même. Et ça, c’est loin d’être évident.

La confiance en soi, ce n’est pas de l’arrogance. Ce n’est pas se croire meilleur que les autres, ni se raconter des histoires sur ses capacités. C’est quelque chose de plus discret et de plus solide : c’est croire qu’on est capable de faire face, que ses propres jugements ont une valeur, que ses ressentis méritent d’être écoutés. Et dans une société qui nous bombarde d’opinions extérieures à longueur de journée, des réseaux sociaux aux avis Google, cultiver cette confiance intérieure devient presque un acte de résistance.
Pensez-y. Quand on ne se fait pas confiance, on attend toujours la validation de l’extérieur. On prend une décision et on scrute la réaction des autres pour savoir si c’était la bonne. On reporte des choix importants parce qu’on a peur de se tromper. Et dans cet état-là, on devient facilement la proie de n’importe qui qui parle fort et semble convaincu. Parce qu’on a besoin que quelqu’un d’autre soit sûr à notre place.
C’est là que la confiance en soi devient un socle pour la confiance dans les autres. Quand on se connaît, quand on a une idée claire de ses valeurs, de ses limites, de ses capacités, on peut choisir à qui on fait confiance, et pourquoi. Ce n’est plus une dépendance, c’est un choix éclairé. On ne fait pas confiance par peur de la solitude ou par besoin d’approbation, on fait confiance parce qu’on a évalué, observé, réfléchi.
Dans la vie de tous les jours, ça se travaille concrètement. Tenir ses engagements envers soi-même, oser prendre des décisions sans attendre le consensus général, accepter de se tromper sans se détester pour autant… Ce sont des petits gestes qui reconstruisent, pierre par pierre, quelque chose de stable en soi. Et une fois qu’on a ce terrain solide, la confiance qu’on accorde aux autres a une toute autre qualité. Elle est choisie, pas subie.

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