L’Evangile

« Seigneur, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux » (Mt 14, 22-36)

Alléluia. Alléluia.
Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu !
C’est toi le roi d’Israël !
Alléluia. (Jn 1, 49b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

2. (à employer de préférence les années B et C)

Jésus avait nourri la foule dans le désert.
    Aussitôt il obligea les disciples à monter dans la barque
et à le précéder sur l’autre rive,
pendant qu’il renverrait les foules.
    Quand il les eut renvoyées,
il gravit la montagne, à l’écart, pour prier.
Le soir venu, il était là, seul.
    La barque était déjà à une bonne distance de la terre,
elle était battue par les vagues,
car le vent était contraire.

    Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux
en marchant sur la mer.
    En le voyant marcher sur la mer,
les disciples furent bouleversés.
Ils dirent :
« C’est un fantôme. »
Pris de peur, ils se mirent à crier.
    Mais aussitôt Jésus leur parla :
« Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »
    Pierre prit alors la parole :
« Seigneur, si c’est bien toi,
ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
    Jésus lui dit :
« Viens ! »
Pierre descendit de la barque
et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
    Mais, voyant la force du vent, il eut peur
et, comme il commençait à enfoncer, il cria :
« Seigneur, sauve-moi ! »
    Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit
et lui dit :
« Homme de peu de foi,
pourquoi as-tu douté ? »
    Et quand ils furent montés dans la barque,
le vent tomba.
    Alors ceux qui étaient dans la barque
se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent :
« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

    Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth.
    Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ;
ils firent avertir toute la région,
et on lui amena tous les malades.
    Ils le suppliaient de leur laisser seulement
toucher la frange de son manteau,
et tous ceux qui le faisaient furent sauvés.

Sa réflexion

Pierre marche sur l’eau, et puis il coule. On pourrait se dire : quel peureux ! Mais soyons honnêtes, on se reconnaît tous un peu dans ce gars-là. Il y a des moments dans nos vies où on se lance, où on ose, et puis au premier coup de vent, au premier obstacle, on commence à paniquer et on se met à couler. C’est tellement humain.

Jésus vient de renvoyer la foule, il monte sur la montagne pour prier. Il prend du temps pour lui, pour son Père. Et pendant ce temps, les disciples se retrouvent seuls sur le lac, dans la tempête. Et c’est souvent comme ça que ça se passe pour nous aussi. On a l’impression que Dieu s’est absenté, qu’il nous a laissés dans la galère. Le boulot qui fout le camp, une relation qui se casse, une santé qui flanche… on est là dans notre barque, à ramer contre le vent, en se demandant où est passé Dieu.

Et là, il arrive. Pas de la façon dont on l’attendait. Il marche sur l’eau, c’est-à-dire qu’il vient à nous en plein milieu du chaos, pas après. C’est ça qui est beau. Il ne nous dit pas : attendez que ça se calme et je reviendrai. Non, il avance vers nous dans la tempête.

Pierre lui dit : « Si c’est toi, ordonne-moi de venir. » C’est un élan de foi magnifique. Et il marche ! Mais il voit le vent, il a peur, et il coule. Jésus le rattrape immédiatement et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Ce n’est pas un reproche méchant, c’est presque tendre. C’est un ami qui dit : tu aurais pu continuer, tu en étais capable.

La vraie question pour nous aujourd’hui c’est : est-ce qu’on garde les yeux fixés sur Jésus même quand le vent se lève ? Parce que le vent se lèvera, c’est certain. La question c’est sur quoi on fixe notre regard.

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