On parle beaucoup aujourd’hui de sens, de raison de vivre, de ce qu’on veut laisser derrière soi. Les réseaux sociaux sont pleins de gens qui cherchent leur « raisosn », leur mission, quelque chose qui dépasse le simple fait de travailler, de gagner de l’argent, de vieillir et de mourir. C’est une quête légitime et même belle. Mais on passe peut-être à côté d’une réponse qui est là, juste devant nous, dans le quotidien le plus ordinaire.

Devenir nourriture pour les autres. Pas au sens littéral, bien sûr. Mais dans le sens de devenir ce dont les autres ont besoin pour avancer. Ce mot, quelqu’un qui attend. Ce coup de main, ce collègue qui n’ose pas demander. Cette présence, ce voisin qui ne voit personne de la semaine. Cette énergie qu’on met dans un projet collectif et qui permet à tout un groupe de tenir.
On est tous nourris par quelqu’un. Si on y réfléchit deux minutes, on réalise qu’on ne serait rien sans les gens qui ont cru en nous, qui nous ont encouragés, qui ont pris le temps de nous expliquer, de nous soutenir, de nous relever quand on était par terre. Ces personnes-là, consciemment ou pas, ont été une nourriture pour nous. Elles ont contribué à ce qu’on est aujourd’hui.
Et la vraie question, c’est : est-ce qu’on fait pareil pour les autres ? Est-ce qu’on est une ressource ou un poids ? Est-ce qu’on donne de l’énergie ou est-ce qu’on en pompe ? Pas pour se culpabiliser, mais pour se poser honnêtement la question.
Devenir nourriture pour le monde, c’est aussi penser à long terme. Ce qu’on laisse dans l’environnement, dans les institutions, dans la culture. Les idées qu’on transmet, les valeurs qu’on incarne, les gestes concrets qu’on pose pour les générations qui viennent. Un arbre planté qu’on ne verra peut-être jamais grandir, c’est déjà être nourriture pour le monde.
Ce qui est beau dans cette idée, c’est qu’elle ne demande pas d’être extraordinaire. Elle demande d’être présent, attentif, généreux de ce qu’on est. Pas de ce qu’on n’est pas. Juste de ce qu’on a, là, maintenant. Et ça, tout le monde peut le faire.
Être nourriture, c’est peut-être simplement ça : choisir, chaque jour, de ne pas vivre que pour soi.

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