On parle souvent de nourriture comme si c’était seulement ce qu’on met dans l’assiette. Et c’est vrai : le corps a besoin de manger, sinon tout s’écroule. Mais aujourd’hui, en regardant notre vie, on se rend compte qu’il existe d’autres nourritures. Il y a celles qu’on ne voit pas, mais qu’on ressent très vite : l’énergie, la motivation, l’envie de se lever le matin. Et ça, ce n’est pas seulement une question de calories.

Dans une journée normale, on peut manger “correctement” et quand même être vide. On peut avoir accès à tout, et pourtant ne plus se sentir vivant. Alors qu’est-ce qui nourrit vraiment ? Parfois, c’est un cadre, une routine qui donne de la stabilité. Parfois, c’est un projet, un but. Parfois, c’est la relation : l’amitié, l’amour, le fait d’avoir quelqu’un à qui parler sans se sentir jugé. Et parfois, c’est autre chose : le sentiment d’être utile, d’avoir un rôle, de contribuer, même modestement.

Regardez l’époque actuelle : on est bombardé d’informations, de contenus, de comparaisons. Les réseaux sociaux donnent l’impression que tout le monde a une vie complète… alors que beaucoup se sentent en manque. Résultat : on mange, on achète, on consomme… mais on ne nourrit pas forcément ce qui compte. On remplit l’agenda, on remplit la maison, mais on oublie parfois de remplir le cœur, l’esprit, la patience.

Alors, terrestre ou autre ? Oui, parce qu’on a besoin des deux dimensions. Terrestre : manger sainement, protéger son sommeil, bouger un peu, prendre soin de son corps, parce que c’est la base. Autre : nourrir sa pensée, son intériorité, ses liens, son sens. Et ça peut se faire de façon simple : partager un repas avec quelqu’un, écouter vraiment, apprendre quelque chose, aider une personne, écrire pour vider sa tête, respirer, sortir, rencontrer.

La vraie question, c’est peut-être : qu’est-ce qui me fait vivre, moi, au-delà de ce que je mange ? Et qu’est-ce que je peux faire, chaque semaine, pour me nourrir autrement—sans attendre d’être au bout du rouleau ?

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