L’Evangile
« N’est-il pas le fils du charpentier ? Alors, d’où lui vient tout cela ? » (Mt 13, 54-58)

Alléluia. Alléluia.
La parole du Seigneur demeure pour toujours ;
c’est la bonne nouvelle qui vous a été annoncée.
Alléluia. (cf. 1 P 1, 25)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus se rendit dans son lieu d’origine,
et il enseignait les gens dans leur synagogue,
de telle manière qu’ils étaient frappés d’étonnement
et disaient :
« D’où lui viennent cette sagesse
et ces miracles ?
N’est-il pas le fils du charpentier ?
Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie,
et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ?
Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ?
Alors, d’où lui vient tout cela ? »
Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur dit :
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays
et dans sa propre maison. »
Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là,
à cause de leur manque de foi.
Sa réflexion
Jésus revient dans son village natal, à Nazareth. Il enseigne dans la synagogue, et les gens sont impressionnés. Ils reconnaissent sa sagesse, ils voient ce qu’il accomplit. Et pourtant, quelque chose cloche. Au lieu de s’ouvrir, ils se ferment. « D’où lui vient tout ça ? C’est le fils du charpentier, non ? On connaît sa mère, ses frères, ses sœurs ! » Et ils butent sur lui. Ils refusent de croire. Et Jésus, devant ce rejet, ne peut pas faire grand-chose là-bas. L’évangile dit même qu’il fut « étonné de leur manque de foi ».
C’est un texte qui parle vraiment à notre époque. Aujourd’hui, combien de fois est-ce qu’on juge les gens sur leur origine, leur quartier, leur passé ? On rencontre quelqu’un qui a du talent, de la sagesse, quelque chose de beau à offrir, mais on dit : « Ah non, je le connais depuis tout petit, c’est pas sérieux. » On colle des étiquettes et on reste prisonniers de ces étiquettes.
C’est aussi une invitation à regarder ce qui se passe autour de nous différemment. Dieu peut parler à travers n’importe qui. À travers un voisin qu’on croit banal, à travers un enfant, à travers quelqu’un qu’on a catalogué depuis longtemps. Mais si on arrive avec nos a priori bien vissés, on va rater quelque chose d’essentiel.
Et puis, il y a cette phrase frappante : Jésus « ne fit pas beaucoup de miracles là, à cause de leur manque de foi ». Ça veut dire que notre fermeture, notre incrédulité, bloque quelque chose. Pas parce que Dieu est impuissant, mais parce que la foi est une porte qu’il nous laisse ouvrir. Dieu ne force jamais. Il attend, il propose, il invite. À nous de décider si on lui ouvre ou si on reste barricadés derrière nos certitudes.

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