Seigneur,

Tu nous parles aujourd’hui d’un filet jeté dans la mer, et franchement, cette image nous touche profondément. Parce qu’on se reconnaît là-dedans, mélangés, imparfaits, ballottés par les courants de cette vie qui va vite et qui bouscule tout.

On vit dans un monde qui trie à toute vitesse. On est évalués, notés, comparés, mis en concurrence dès l’école jusqu’au travail. Et on fait pareil avec les autres, souvent sans s’en rendre compte. On décide trop vite que telle personne ne vaut rien, que telle situation est sans espoir, que tel quartier est à abandonner.

Pardonne-nous, Seigneur, cette arrogance du tri facile.

Toi, tu lances ton filet sur tous. Tu ne choisis pas les belles personnes d’abord. Tu ne ramasses que les gens bien éduqués ou bien rangés. Ton filet, il est grand, il est ouvert, il prend tout le monde. Et ça, ça nous bouleverse et ça nous rassure en même temps.

Apprends-nous à ne pas juger avant l’heure. Donne-nous la patience de croire que dans chaque personne que nous côtoyons, il y a quelque chose qui peut encore se transformer, grandir, s’épanouir. Même ce collègue difficile. Même cet adolescent qui fait n’importe quoi. Même nous-mêmes, dans nos moments de doute et de faiblesse.

Et donne-nous aussi la sagesse dont tu parles à la fin de cet Évangile : savoir tirer de notre trésor du neuf et de l’ancien. Aider notre foi à respirer dans le monde d’aujourd’hui, à parler aux gens de notre temps, à rester vivante et pas enfermée dans des formules que personne ne comprend plus.

Seigneur, garde-nous dans ton filet. Ne nous laisse pas dériver seuls. Et quand viendra le moment du tri, aie pitié de nous.

Amen.

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