On a tous cette tendance à chercher des responsables ailleurs. Si ça va mal dans notre vie, c’est la faute des autres, c’est la faute du système, c’est la faute de la société, c’est la faute des circonstances. Et parfois, c’est vrai, les circonstances jouent un rôle réel. On ne naît pas tous avec les mêmes chances, on ne part pas tous du même point. Ça, il faut l’honnêteté de le reconnaître.

Mais il y a autre chose, quelque chose qu’on préfère souvent ne pas regarder en face : la façon dont nos propres choix, nos propres comportements, nos propres habitudes nous conduisent exactement là où on ne voulait pas aller.

Prenez quelqu’un qui ment régulièrement, même pour des petites choses. Au bout d’un moment, les gens ne lui font plus confiance. Il se retrouve isolé, incompris, rejeté. Et là, il dit : « Les gens ne m’aiment pas. » Mais qui a construit cette situation ? Pas les autres. Lui. Brique par brique, mensonge après mensonge.

Ou quelqu’un qui traite les autres avec mépris, qui écrase ses collègues, qui se croit supérieur à tout le monde. Il grimpe peut-être pendant un temps, mais il finit seul au sommet d’une tour qu’il a lui-même rendue invivable. Et il s’étonne que personne ne soit là pour lui quand ça va mal.

Ce mécanisme-là, il est partout. Dans les relations amoureuses, dans les familles, dans les entreprises, dans la politique. On récolte ce qu’on sème. Pas parce qu’une force mystérieuse distribue des punitions, mais parce que c’est tout simplement la logique de la vie en société.

La bonne nouvelle, c’est que si c’est nous qui construisons notre malheur, c’est aussi nous qui avons la clé pour en sortir. Pas instantanément, pas facilement, mais réellement. Ça commence par ce geste assez difficile qu’est l’honnêteté avec soi-même. Se dire : « Là, j’ai mal agi. Là, j’ai fait une erreur. Et c’est moi qui en paye les conséquences. »

Ce n’est pas de la culpabilité malsaine. C’est juste de la lucidité. Et c’est le point de départ de tout vrai changement. Parce qu’on ne peut pas transformer ce qu’on refuse de regarder.

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